Sibylle philosophe sans gravité...

24 août 2016

REMINISCENCE

El Pinar_-2

El PINAR ( La Palma) Photo Démocrite non libre de droits

« La forêt est un état d’âme… » Le frémissement de la brise dans les pins canariens souffle une sonorité d’être. Elle soulève, légères et virevoltantes quelques réminiscences d’éclats de nuit intime. Jubilation sans transition de sensations enracinées sur un humus archaïque…La Caldeira hume ces fragrances, reste silencieuse et tait tous ces secrets.

 

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23 août 2016

Une mort fleurie

Nogales

Nogales une plage "rustique"de sable noir volcanique : La Palma - ( Photo Démocrite : non libre de droits)

            Je ne cesse de me « retrouver », de m’éprouver aussi dans des lectures bachelardiennes.. Quel homme admirable, capable d’étreindre une pensée rationnelle et une pensée poétique. C’est le héraut de l’âme et plus particulièrement de l’imagination des matières naturelles : l’air, la terre, le feu et l’eau, que je salue ici.

           Comment ne pas se perdre dans cette poésie de l’eau : dormante et douce des rivières et des lacs, ou bien tempétueuse, houleuse comme celle de l’océan. L’imagination tisse des liens invisibles entre chaque filet d’eau d’une rêverie devenue liquide pour remonter à la plus belle des sources celle des « lit-cœurs ». Elle calme les blessures, lisse et désagrège les mots taillés à la serbe qui enténèbrent l’esprit. Elle brûle les songes des profondeurs obscures, lorsqu’elles deviennent printanières, amoureuses ou brillantes.

         L’être voué à l’eau est un être qui se tient en vertige, qui oscille entre les rais de lumières et la tonicité d’un flux. Seul à bord, sans batelier, sans gouvernail, l’eau coule, ruisselle d’une mort toujours fleurie dans le va-et-vient de gouttelettes éphémères.

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21 août 2016

Terre de repos et d'intranquillité

 

Los Sargos - El Hierro

Los Sargos - El Hierro - Photo de Démocrite (non libre de droits)

 

          Certaines îles de l’atlantique vous réservent des surprises étonnantes. Je pense à une petite île en particulier que personne ne connaît : El Hierro. Une île dont je découvris l’existence avec un célèbre atomiste.

        Son nom résonne comme un élément qui donne cette couleur singulière à la terre en la parant de teintes ocres, rouges, « ferrugineuses » : El Hierro : le fer en espagnol. Métaphore s’il en est de la dureté ou d’une volonté incisive.

         Son sol volcanique entaille vos sandales, retient vos pas et vous rappelle à cette minéralité millénaire : secret d’un feu sacré que l’alchimiste projetait d’utiliser. Une pensée démocritéenne parvient jusqu’à moi : « il faut apprivoiser cette terre sauvage », presque déserte à la fois insolente de repos et d’intranquillité. Cette roche volcanique et ses lieux improbables au dessus des nuées, accroissent votre sentiment d’existence. Des sensations mêlées bousculent le flux habituel de nos pensées.

         D’un pauvre naturel, on ne veut bien que ce que l’on imagine richement, ce que l’on recouvre d’une certaine beauté : le doux, l’agréable, le chaud. La matière reçoit de nos rêves tout ce qu’elle n’est pas. Ainsi, nous sommes toujours remplis d’espoirs et de promesses que nous nous inventons.

        Le silence des lieux de cette petite île canarienne force et remodèle notre condition. Les verrous des hommes de la ville se fissurent. L'esprit, étrangement se libère de toutes entraves, de toutes dérives des continents humains sur le fameux sommet del Malpaso...

El Malpaso - El Hierro

Pico Malpaso (1501 m) - Photo de Démocrite (non libre de droits)

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13 juillet 2016

le philosopher

 

Bachelard

( Gaston Bachelard)

           « Le philosopher est une oisiveté nécessaire ou inutile… » Son épaisseur ne tient pas aux diplômes universitaires qui pour certains finissent par « dés-agreger » leur propre capacité à raisonner et de surcroit les privent de toute forme d’intersubjectivité pour les plonger dans le mondain, l’extra-mondain, le clinquant.

         Revenir aux choses mêmes, aux évidences qui ne le sont pas d’ailleurs,  c’est-à-dire au plus près du réel, voilà la tâche du philosopher. L’homme est toujours déjà un être jeté par l’abandon à lui-même : facticité d’un état par la force ou la faiblesse de notre assignation à un monde que nous n’avons pas choisi.

        Philosopher, c’est donc accepter résolument de se « risquer » et de se mouvoir dans cette enigmaticité de notre existence à laquelle échappe tout « pour-quoi », toute pro-venance aussi. De fait, cette attitude singulière se pose avec d’autant plus d’acuité que cette mécompréhension ou mésentente augmente.

          Dans cette élision du mondain, dans cet espace non familier, je deviens étranger à moi-même. Peut-être  le temps est -il enfin venu de lever le voile…( Alètheia)

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08 juillet 2016

πᾶν

Teide-1

( La Palma : Le Teide) Photo de Démocrite non libre de droits

 

La fréquentation du monde « civilisé » me devient de plus en plus difficile. J’observe mes semblables dans leur jeu de tribulations dociles. Lasse !

Je rêve de contrées inexplorées, d’un kaléidoscope de lumière et de sons qui dynamisent la matière onirique. Je ne veux plus voir pour découvrir mais simplement regarder, sans impatience, sans intention, dans le silence de l’entendement, puis écrire peut-être....

Naissance d’images primitives liées au commencement. La nuit, la voie lactée avec son cortège de poussière d’étoiles irise les intensités que l’on croit immobiles. Dans cette dimension, un temps fluide, immémorial offre la perception naturelle des choses, là où l’infini se rive.

Les puissances de vie ineptes et inaptes peuvent bien choir qu’importe ! Certains objets célestes astralisent l’esprit.

Emu par la rosée nocturne de l’univers, le cœur s'est enfin adouci. Il irradie dans cet écrin de nacre.

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06 juillet 2016

Le cor

Pahule-2 (2)

J’avais onze ans lorsque je découvris ce merveilleux poème intitulé « Le Cor » d’Alfred De Vigny, qui chante nos Pyrénées. Dimanche, par cette belle journée d’été, Démocrite et Sibylle se tenaient au sommet du Pic de la Pahule où résonnaient encore ces vers : Extraits 


"Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

O montagnes d'azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;

Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.

Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.

Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance.

Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée..."

 

Pahule_2-1

Gavarnie -  La grande cascade au dessus de l'épaule du Marboré- Photo de Démocrite ( non libre de droits)

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21 juin 2016

RESONANCE

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( Photo de Démocrite non libre de droits)

 

Le corps des vagues sans lame de fond se courbe

Des sons bleus s’envolent d’un imaginaire sonore.

 

Vibre sous les ondes blanches de l’écume,

L’âme attentive se tait dans ce tumulte des flots  

 

Les cris muets de l’in-fans sourdent à leur surface,

Résonne le temps du repos que rien n’efface…  

 

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14 juin 2016

Verticalité

Labate del Bozo Olibon_modifié-2

Labate del Bozo (Photos de Démocrite non libres de droits)

Certaines ascensions vous grandissent, vous ouvrent des perspectives incomparables. L’agitation des villes vous semble nulle, sans intérêt. Au cœur de la cité, les miasmes de l’air moribond sont une flamme éteinte.

Dans le vallage aragonais, chaque pas vous donne la mesure. Le corps s’éprouve, se dynamise sans im-posture et ce, dans son plus bel équilibre. L’être le plus mobile cherche toujours ses racines. Les rochers : les enfants de la terre, sont les pierres ancestrales d’une lente cosmogonie.

Tout là-haut, s’installent les brumes de songes qui invitent au silence. Les rais de lumière jouent avec la surface du lac endormi. Souffle le désir de l’éther, tiède mais pénétrant. Les pas sûrs de Démocrite gravissent cette peau volcanique, ces pentes escarpées. Les dimensions s’épousent, et se renversent aussi.  

Il y a un ciel dans la terre, peut-être celui de nos origines…

 

Labate del bozo 2407 m Estaens -Ossau_jpg

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03 juin 2016

Laisser vivre

Nerbiou_modifié-1

( Le Nerbiou-Photo de Démocrite non libre de droits)

 

Sur ces hauteurs pyrénéennes, je me délie du temps ordinaire dans un printemps en pente douce. Les géants de granite ouvrent une correspondance silencieuse avec l’azur. La terre riante de jeunes hampes florales, taquine en basse plaine les dernières blancheurs. Les cristaux frémissent pour mourir un peu plus chaque jour.

Le milan royal tourne dans les airs, célèbre la rondeur et la douceur de la terre. Dans l’antre des monts, des ondes murmurent, bleuissent les fissures gercées de l’hiver. La brise accompagne ces flots d’opaline ….Il faut savoir humer ces lueurs de l’espace embaumé des fragrances éphémères et célestes.

Et si ce palais ou palette de couleurs était toujours dèjà là, juste en sommeil dans nos coeurs...

 

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20 mai 2016

Hexis

pericles-quote

Il est bon d’apprendre à se conduire dans la vie avec prudence, mais ce, également et surtout au sens aristotélicien du terme, de la phronesis. Il me semble, qu’avec le recul, cette «  catégorie » de la réflexion, de l’action devrait être sollicitée dans tous les pans de notre existence. En effet, cette attitude que je qualifierais de «  noble »  rencontrerait à la fois la sauvegarde de l’intérêt propre, particulier d’une certaine façon, et celui de l’intérêt universel.

Son exercice, jadis, dans la sphère politique comme dans la sphère privée relèvait d’une certaine habileté qui puisait son succès dans l’expérience. En effet, l’excellence résidait en ceci de savoir saisir le moment le plus opportun, le kairos, pour pouvoir être le meilleur dans ses choix, dans ses décisions.

La phronesis, est donc un curseur, un baromètre qui peut nous servir d’aiguillon : pour pallier le risque d’échec, de déception, ou autres désagréments. Mettre en pratique « cette sagesse des limites » suppose de savoir ce qui fait nécessité dans nos actions et ce qui relève de la contingence pour appliquer la « droite règle » ( orthos logos) , avec cette autre difficulté, celle de savoir et pouvoir dompter ses désirs , ses dispositions ( hexis) les plus véhémentes.

Peut-être est-ce là précisément, à la croisée de ces chemins que se noue le cœur de notre combat et de tous nos dilemmes existentiels

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