Sibylle philosophe sans gravité...

29 novembre 2016

IVRESSE D'ENFANT

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Réminiscence de parfums d’antan, la commode, le lit et les armoires d’une maison de campagne. Des bouquets de lavande glissés entre deux draps embaument la chambre au plancher verni. Les branchent du cerisier rient à la fenêtre. Elles tendent leurs clochettes aux grenats délicieux.

La sieste des aïeux est d’une grande attente. L’arbre devient un nid pour des papilles d’enfant.  La maison endormie soustrait à tout regard l’escalade interdite à de petites jambes, des mains habiles aussi faites pour cueillir. La prise est aisée. Les bigarreaux égarés, cerises douces et mûres à souhait, tombent dans ce gosier plein de gourmandise.

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28 novembre 2016

LA DOXA

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Depuis quelques générations maintenant, la politique politicienne occupe, monopolise la scène médiatique avec tous ces discours « PRIMAIRES », insiste sur les tractations, sur le ralliement d’un tel à un tel et autre petit calcul pour ex- futurs ministrables. De fait, la politique se joue de l’opinion, la manipule, la retourne, la phagocyte par medias interposés.Nous avons perdu le sens, celui de notre propre réalité qui n’est plus reliée à l’épistémè, à la vérité mais à la doxa défigurée, reniée.

Le politique comme exercice du pouvoir si singulier qui reposait sur la pluralité : d’êtres égaux mais non identiques est tombé dans l’oubli. Aujourd’hui, l’homme politique se prend pour un dieu, pour un surhomme, à ceci près que lui revient souvent en pleine figure son caractère faillible.

Précisément, c’est parce que nous sommes faillibles que nous devrions être capables d’entendre ce que l’autre peut avoir de juste à dire mais aussi de discutable. Si la doxa se définit comme étant le monde tel  qu'il m’apparaît à moi comme individualité, cela n’est pas répréhensible, en revanche ce qui le devient c’est d’ignorer l’autre dans sa perspective tout aussi singulière du monde.

Nous accordons des droits spéciaux pour le faux et le mensonge, nous réduisons la doxa non pas au frottement de perspectives différentes mais à la construction d'un bloc unilatéral d’un parti, une pensée unitaire, uniformisée. Artefact inespéré comme étant un produit scientifique parfait.

Existe-il un résultat en politique, à l'exception de celui des soirées électorales, autrement dit une science de la praxis (de la gestion des affaires humaines) qui pourrait prétendre s’asseoir sur des fondements inébranlables ?

Une science politique dites-vous ?

Quelle prétention, lorsque l’on sait d’ores et déjà que toutes les actions s’arriment sur des changements perpétuels : les passions, les inclinations, les idées, les rêves voire même les hallucinations.

Raison pour laquelle en politique, il nous faut tenter d’agir en commun, non pas pour chercher le consensus mais pour apprendre à se mouvoir dans l’exercice du conflit, de la joute intellectuelle et de la contrariété des passions.C'est là tout un art qui reste encore  à inventer peut-être...

La véritable doxa deviendrait alors cet « apparaissant commun » qui se structure au bout du bout comme l’expression de l’ensemble de volontés singulières, qui pour le coup n'a rien de "génerale."

 

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23 novembre 2016

Lignes de force et de vie

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Photo de Démocrite ( non libre de droits)

Comme il est heureux de pouvoir partager avec son compagnon de route ou plutôt de « dé-route » le plaisir d’écrire sur ce que chacun de nous vit, éprouve dans nos échappées belles…

Ses talents d’esthète et de philosophe sont multiples : la photographie, l’écriture empreinte de ses sensations vives, joyeuses ou douloureuses, portée par son rythme sur les ondes de Démocrite, institue des images jamais inertes, jamais muettes. Au bout du bout, une forme jaillit, ontophanique car intime et relayée par la chair.

Ses photos, variations perpétuelles d’une mobilité insaisissable, fuyantes à tout regard conventionnel, explosent et dilatent toutes nos dimensions. Le granit hâlé sous le soleil couchant murmure à l’âme sentinelle. Quoi ? L’éternité… 

A cet égard, la publication récente du "numéro un" de la revue "Passe Murailles" (http://blog.lamaisondelamontagne.org/post/2016/08/Soutenez-le-N%C2%B0-1-de-Passe-Murailles-Financement-participatif ) est probablement le lieu de notre concerto à quatre mains et plus encore, d’une myriade aussi  de petites plumes de fées d’orfèvre ( plus de quarante contributeurs).

Elle est aussi une douce invitation à lever l’ancre, à côtoyer avec humilité le tellurisme, de faire songe, de faire rêve en retrouvant l’originaire.

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15 novembre 2016

L'envol

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 (Tendenera - Photo de Démocrite non libre de droits)

Au fur et à mesure que mes pas gravissent ces pentes, je quitte les pins sylvestres pour rejoindre les steppes aragonaises. Libre, je dirige, automnale, ma voile vers les crêtes effilées du Mondoto. La peau de cette montagne respire. Sous mes pieds ses herbes dorées s’agitent. Elles me soulèvent et me transportent vers le bleu de l’azur qui rit à cette terre chaude d’ocres subtilement entremêlés.   

A flanc de montagne, fleurissent les gemmes : émaux et silices discrets d’une terre chamotée. Leurs reflets caressent la surface de mes yeux éblouis. Les formes s'évanouissent, se troublent et se perdent pour épouser enfin, l'invisible éther..

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14 novembre 2016

Luminiscence

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L'astre nocturne vivra cette nuit de novembre son apogée. Douce sphère de lumière, ombrée çà et là par de petits cratères. Ses rayons lumineux flirtent avec la mer solaire, dont les flots oscillent, varient à chacun de ses souffles.

Rêve d'une nuit, danse au firmament, une silhouette aimée, chahutée aussi.Icare sommeille dans son berceau de nacre. Ses ailes redéployées, peut-être le verrons nous ce soir..L'espace ne se gouverne pas mais le ciel dans sa vallée cosmique, reste toujours ouvert.

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04 novembre 2016

ARAGON MON AMOUR

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Mont Perdu ( Photo de Démocrite non libre de droits)

 

Aragon mon amour, je t'ai cherché du bout du monde dans ces accents qui ont bercés mon enfance. Paco et Fausta, eux, te connaissaient si bien. Ils respiraient ta lumière vivifiante et dansante à chacun de tes réveils, diaphane à chacun de tes couchers. Ils parlaient aussi ton rythme, vivaient tes courbes dessinées çà et là, à fleur et à grain de montagne..L'érosion lente, véritable "petite main" du climat, pare tes crêtes de coloris bruns, auburns et chatoyants.

C'est un homme du "Nord", mon bien-aimé, qui m'a menée jusqu'à toi. Son pas assuré et léger, veille à ne pas t'abîmer, à ne pas t'écorcher, à ne pas te blesser, non jamais. Ses yeux azuréens contemplent tes contrées : Pilopin, Ordessa, Mondoto, le canyon d' Anisclo qui saluent les "trois soeurs", grâces divines, où se noie, faut-il le vivre, le regard é-perdu des preux randonneurs jusqu'au célèbre mont... "égaré" lui aussi.

 

 

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24 octobre 2016

Interiorité

Je ne connais rien de plus précieux que cette sensation d’être à soi : de se tenir au plus près de soi : c’est en effet être libre en secret.

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26 septembre 2016

Elegance

baryshnikov in jeune homme et la mort by max waldman

La danse comme « langage gestuel «  innervé par de puissantes intensités, manifeste ce qu’il y a de plus originaire en nous. Elle est un corps qui précède de loin toute apparition d’une enveloppe simplement charnelle. « Pour qui sait bien danser », la danse est jubilatoire, déploiement insolent de puissance.

Pour autant,  l’apparente légèreté du pas ou du saut du danseur n’est qu’illusion. Le mouvement initié par le cœur de l’artiste sollicite les ressources d’énergie les plus intimes. Elles  révèlent les tensions d’un vouloir vivre mêlée à une souplesse étonnamment accueillante : naissance d’une vitalité.

 Transmutation, habitation  de l’espace .  

«  J’ai dit au vent de m’enlever

L’oiseau m’a appris à planer

Et vers le Sud j’ai volé sur la mer » -

( F. Nietzsche- Ainsi parlait Zarathoustra)

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23 septembre 2016

Clair obscur

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Chaque être possède en lui ce clair-obscur, cette texture indéchiffrable de l’existence. Il suffit d’observer les revirements de certaines attitudes, les micro-coupures relationnelles avec nos proches pour s’apercevoir que rien ne va de soi. Ainsi va la vie et le cours ordinaire des choses, parce que nous sommes effectivement dans l’ordinaire.

L’imagination créatrice nous sauve de ces platitudes, de ces aléas.  Elle sculpte et taille la surface du réel. Qu’il est bon de se sentir happer par ce voyage intérieur.

Sensations..Une main effleurait la vieille pierre d’un muret couvert de mousse et de fougères. Les monts s’arcboutaient sous des cieux bleuis.. Un monde enseveli renaissait. Je parlais aux objets. Peut-être que l’univers alors me répondait.  Il me murmurait alors, devais-je le comprendre, tous mes secrets d’enfance.

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15 septembre 2016

Repli

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Le changement de saison imminent requiert chez moi une aspiration au repos, à la tranquillité. L’activité professionnelle en cette fin d’année est toujours très dense, très prenante, trop accaparante pour ne pas désirer autre chose que de vivre des moments de loisirs et de « pure » détente. Question de rythme sans doute.

Une image surgit, celle de l’art enfantin, d’une petite fille qui prend son pinceau de couleur pour laisser aller sa main sur la feuille de papier canson, en toute liberté. Le grain plus ou moins épais de la feuille blanche chahutte la pointe fine du pinceau, le détourne çà et là de toute tentative de maitrise, de mauvaise précision. L’acte de création, de « petite création » est un acte de vie qui épouse le rythme de chaque respiration, c’est un luxe que l’on oublie malheureusement trop vite.

Toute peinture, me semble-t-il,  est un surgissement, un geste germinal qui chasse, évacue  les nœuds psychiques, libère les cœurs serrés. Lorsque l’enfermement se délite, l’inspir s’enfuit à tire d’ailes et quitte volontiers toutes ces tribulations terrestres aux éclats corrosifs, pour enfin s’abandonner dans les nuées.Libération…

 

P.S Toutes mes excuses à Stéphane, une mauvaise manipulation m'a fait perdre mon dernier message et son très beau commentaire.

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