Sibylle philosophe sans gravité...

02 septembre 2021

Cofete

                     

 

(Photo de Démocrite non libre de droits (Août 2021))

 

Extra-ordinaires échappées belles dans ces lieux de villégiature que nous affectionnons tout particulièrement. Une découverte complète de cette île aux vents tournoyants qui fouettent et invigorent. Heureusement pour nous, les clichés des agences de voyage sont nuls et non avenus en ces terres arides et volcaniques.

 

 

( Cofete : Photo de Démocrite non libre de droits)

Cofete, un hameau perdu au sein du parc naturel de Jandia. Une plage immense qui s’étire jusqu’au lointain nous offre un spectacle inouï. La roche à la substance ignée se fond sur la grève. Ses monts sont chahutés par Eole qui coiffe ses crêtes. Se joue alors un combat inédit de forces contrariées dans l’éther sublimement azuré.

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18 juin 2021

Dans l'antre de l'entre-deux

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L’image que nous avons de nous-mêmes, que nous portons, nous préoccupe au quotidien ou presque. Quel est donc ce besoin qui nous force à être dans cette relation d’interdépendance avec le regard d’autrui ? Une pulsion narcissique éternellement insatisfaite, qui ne rencontre pas ou ne peut pas trouver son objet ? Une nécessité fondamentale pour la constitution de notre moi ?

Sans doute est-ce dans cette mise en miroir, cette mise en abime aussi, que se développe chaque subjectivité. Pour autant, cette co-appartenance au monde dans et par l’intersubjectivité ne doit pas être un renoncement à sa propre autonomie, qui laisserait  place alors à la souffrance et à la désaffection de liens primordiaux.

Sans doute faut-il percevoir le regard d’autrui comme une orientation toujours singulière, avec sa sensibilité, avec ses penchants qui eux-mêmes renvoient à d’autres subjectivités, à d’autres modalités d'être-au-monde, et ce à l’infini.

De fait, cette rencontre inévitable avec le monde, avec autrui me permet de me constituer comme un moi et détruit toute illusion solipsiste. Mais, la question revient avec plus d’acuité lorsque l’on vit cette relation sous le mode d’une addiction consciente ou pas de la vision d’autrui sur "ce" que je suis.

Le désir accru de re-connaissance empêche toute re-naissance ou émergence du soi, car il est alors vécu sous le mode passif et non actif du sujet. Dans cette acception bien comprise, qui atteste de ma véritable existence, moi ou autrui ? Impropre moi que celui façonné et décidé par autrui.

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01 mai 2021

De fin lignage

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Sautillante et légère, dessinée au fusain

C’est un petit oiseau aux courts lendemains

 

Une livrée blanche couvre son plumage

Cette bergeronnette est de très fin lignage

 

Ses petits pas pressés, ses hochements de tête

Lui donnent un brin joyeux, un certain air de fête

 

Visiteuse des prés, elle se mire dans la mare

Puis bondit sur les feuilles du blanc nénuphar.

 

Agile et toute fine, il faut savoir la voir

Elle hume les parfums de la saveur du soir

 

Bergère des vertes prairies ou des sous-bois

Sur trois années à peine sa vie se déploie

 

Ce temps lui appartient, elle le vit pleinement

Si c’était juste cela aimer éperdument...

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30 avril 2021

Une partition improvisée

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La danse est la plus belle expression corporelle avec laquelle se noue une sensation intense du vivre. J’ai toujours aimé sentir l’embrasement de mes membres mais plus encore la vitalité qui fragmente et qui initie chaque mouvement. Se dégagent à la fois cette puissance et cette légèreté qui se réciproquent l’une dans l’autre pour créer la figure, l’arabesque, l’envol arraché à toute (a)pesanteur.

Le corps parle mieux que tous les discours tenus dans le langage ordinaire avec ses découpes, ses ondulations, ses étirements et ses lâchers prises.Il trouble l'espace, brouille la vue, suscite ce vagabondage de la pensée, cette échapée vers les cieux éthérés, à la fois proches et lointains.

Jadis, j’ai su libérer cette belle énergie dans un « fameux » pas de deux avec un danseur à la pratique « étoilée ». Nous étions deux étrangers et pourtant l’accord improvisé sur des morceaux choisis était parfait.

Aucun quiproquo, juste une interprétation sensible où les corps s’exprimaient dans cette partition hors du temps.

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26 avril 2021

Dédoublement du visible

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Notre époque confond tout, elle confond malheureusement l’essentiel. L’obligation de télétravailler pour nombre d’entre nous est l’expérience même de cette confusion avec l’effacement des frontières entre le public et le privé et de l’intime si précieux. Dans cette nouvelle configuration, le sujet perd ses repères dans cet espace-temps qu’il ne connait pas, pire où il ne se reconnait plus.

Autrefois, cette frontière était nette, tranchée. Il y  avait le temps des êtres et des choses mortelles (objets de consommation, produits du travail) et celui des êtres et des choses immortelles. Nous pouvions observer que le domaine public que représente par excellence la politique se jouait strictement dans l’apparaitre, dans l’espace commun de la manifestation de notre engagement social, politique et donc public.

Le non politique résidait dans la sphère du privé, au sens ou privé signifiait la privation de quelque chose, en l’occurrence celle d’être vu. Nous préservions alors notre singularité, notre moi caché qui réalise notre unicité, creuset de notre « qui » irréductible à un « quoi », à cette insoutenable chosification qui opère aujourd'hui en sourdine.

Comment pouvons-nous faire monde avec cet anéantissement des frontières entre le public et l’intime ? Nous vivons probablement là « le mal le plus radical » de notre époque : préférer la destruction de l’individualité jusqu’à qu’elle devienne au même titre que le ferait toute forme de totalitarisme juste : superflue.

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22 avril 2021

Sans limites

Notre île nous ressemble avec ses pierres de feu, sa végétation tropicale et ses petits êtres curieux. Enchanteresse et difficile, cette île l’est tout à la fois. Nos pas foulaient le sol inconnu au bord de cet abîme.

Te souviens-tu de cette nuit d’été limpide, de ces lieux interdits où nous décidâmes de nous allonger pour admirer la voie lactée ?  

Dans ce ciel le plus pur d’Europe, la lune restait noire, elle s’était  endormie pour ne pas recouvrir cette myriade d’étoiles. L’altitude (2400 mètres) nous enivrait dans ce décorum insensé perdu dans l’atlantique.

Etait-ce alors bien réel ? Sans doute fallait-il pouvoir saisir ce kairos. Les télescopes géants de Los Muchachos pointaient leur lunette dans cet univers étoilé. Il murmurait bien des secrets à qui savait les entendre.

( La Caldeira : Image de Démocrite non libre de droits)

Nous étions unis par la même force, le même étonnement, celui  du thaumazein, dans ses formes les plus intenses parce que c'était toi, parce que c'était moi.

 

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05 avril 2021

Conscient de soi

En ce denier jour de "semi-tolérance" et de soleil radieux, je ne pouvais pas ne pas partir sur les hauteurs de l’Aubisque pour faire ce splendide chemin de crêtes. Nos cœurs suffisamment alourdis par les restrictions quotidiennes, demandent de la douceur et de la légèreté. Ici tout nous élève, tout nous soulève tel ce vol du milan royal qui plane au-dessus de nos têtes. Dans sa solitude dynamique l’oiseau guette une petite proie. Il lui faut gagner des forces avant le retour du froid.

Des jardins naturels de jonquilles, d’iris aussi, fleurissent abondamment sur ces pentes douces du sud. L’astre diurne rond, diaphane, irradie comme une étoile de printemps. Dans cet état aérien, les miasmes s’évaporent. Les yeux levés au ciel, tout là-haut, tout là-haut, embrassent le calme le plus énigmatique : celui du conscient de soi.

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02 avril 2021

Super Vision

En thérapie (Arte) : l'adaptation fascinante d'une série phénomène à ne louper sous aucun prétexte

Chacun trouvera sa façon de survivre en ce monde avec tout ce que nous sommes, tout ce qui nous sied ou nous dérange. D’aucuns font appel aux savantes recettes de la psychanalyse pour tout expliquer, tout justifier, le moindre mot, au point que la plus simple des actions devient le résultat d’un acte manqué, d’un fond pulsionnel ignoré par le sujet qui ne veut pas savoir.

Plus rien n’est anodin. Prenons garde, nous sommes tous déterminés par des choses que nous ignorons et il nous faut impérativement trouver les clés ou les mots de passe pour sortir du labyrinthe et être enfin heureux !

A chacun de voir s’il veut explorer ce puits sans fond encore et toujours jusqu’à l’épuisement si nécessaire, mais le bonheur est à ce prix. Quelle plaisir de creuser ainsi à l’infini son psychisme, ses souvenirs, ses rêves, ses pensées, ses mouvements d’humeur et de ne plus sentir la légèreté de l’existence ou  l’insouciance d’une spontanéité d’enfant.

Nous sommes tous malade de notre propre ignorance et qu’on se le dise ! Prenez rendez-vous, il y a urgence, mais attention le psychanalyste est souvent aussi malade que vous, voire même pire. La super-vision est un « garde-fou », oui elle porte bien son nom. C’est à vos risques et périls.

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29 mars 2021

Le "cygne" des temps nouveaux

 

Sans doute peut-on parler de plusieurs vies dans une existence. Des pages se tournent à notre propre insu. Ces  changements s’insinuent doucement mais, c’est au contact de la nature plus que des humains toujours trop prévisibles que l’on éprouve ces tourbillons de petits percepts qui nous renvoient une autre image de nous-même. Des sensations plus fines, nouvelles aussi, affleurent comme celles des premiers émois.

L’imagination se mêle à la matière des éléments : l’air, l’eau, le clapotis qui naît de leur rencontre. Le cygne éploie ses ailes tel le capitaine d’une embarcation somme toute improvisée. Sublime élan, glissant le long des berges, l’oiseau avance avec un port royal.

Lorsque rien ne trouble votre pas, votre marche, les sens s’éveillent. Les paysages épousent vos souvenirs lointains et vous transportent dans un ad-venir qui n’a plus rien de semblable avec le commun.

C’est un voyage onirique, un instant de rêve qui tisse ses fils dans un avoir-été qui s’enfuit et une présence à soi toujours inouïe.

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09 novembre 2020

Conscience de notre terre

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Cette crise sanitaire « inédite » nous invite à repenser sérieusement les liens ténus tissés entre l’environnement, le social et l’économique. Le premier est le point de départ de notre crise, puisque c’est en affectant plus que de raison notre écosystème que nous avons provoqué peut-être l’irréversible. La déforestation a entrainé le déplacement dans nos villes d’êtres vivants qui s’adaptent comme ils peuvent à leur mode de vie forcé. Ils ont donné naissance malgré eux au terrible virus qui nous oblige à être masqués.

A l’économie réelle nous avons substitué l’économie strictement financière. C’est une économie où l’on ne fait pas de l’argent en vendant des biens de première nécessité, mais celle où l’on fait de l’argent, avec de l’argent pour thésauriser à l’infini sur les intérêts des intérêts et pour le coup, qui ne servent en aucun cas notre intérêt principal, à savoir notre propre survie.

Tous les philosophes du contrat s’accordent pour dire que notre premier désir est de pouvoir persévérer dans notre être et ce, le plus longtemps possible. D’aucuns diront bien sûr et ce, a minima, mais dans quelle condition ?

Nous déambulons, tels des anti-héros, avec nos costumes de protection contre l’ennemi invisible le plus féroce, du moins officiellement, car l’instigateur de tout cela n’est personne d’autre que l’homme. Nous avons perdu la conscience de notre terre et de la vie qui l’irrigue. Nous sommes en train de nous courcicuiter dans tout ce qui est le plus précieux pour nous.

Le temps de la conscience est sans cesse remanié par le flot des autorisations, des interdictions que l’Etat décrète au fil des fluctuations des taux d’incidence du virus. Tout est morcelé, quantifié, presque chronométré dans nos espaces publics.Nous oublions de vivre dans tout ce qui pouvait constituer notre dignité, notre idée d'un bien vivre ensemble aussi.

J’envie les périodes où les personnes vivaient dans une temporalité plus lente, plus marquée par les astres du jour et de la nuit. Si je m’interroge sur la période dans laquelle je vis, et que je la regrette, une chose est certaine c’est que je suis dans ce temps, je suis de ce temps bien malgré moi.

Le plus beau reste t-il à venir ou bien est-il déjà advenu? 

Les dés du hasard ne sont pas encore retombés...

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