Paul Klee qui se définissait comme peintre- poète : "Nuit bleue"

 « L’ouvert » se tient en dehors de toute détermination et tout déterminisme, voilà la raison pour laquelle il ne serait ni comparable, ni assimilable à un état d’esprit, de conscience faussement altruiste ou charitable. L’humanité meurt de ce « surplus d’ouverture », de ces échanges creux et gratuits érigés pour certains en systèmes. Ces dogmes supposés philanthropiques, voire même philosophiques doivent être refermés.

Il est plus que temps ! Appareillons vers l’ouvert, c'est-à-dire vers ce qui donne passage à l’éclat, à la création, au bouleversement esthétique, aussi bien du point de vue de l’artiste que de celui qui voit, qui saisit d’un seul tenant ce qui fait œuvre.

Dans cette acception, somme toute très singulière, l’œil pictural : la vision se substituerait à l’œil optique  : le regard. La vision seule serait capable d’accueillir le rythme des couleurs des toiles de Paul klee ou les parfums de l’or bleu des pins de Cézanne.

Retrouver cette attitude suppose un accueil du réel tel qu’il se déploie sous nos sens, sous nos perceptions les plus « primitives », celles d’un éternel nouveau né, toujours nouvellement venu dans-le-monde.

Mais que faut-il donc pour que la force du désir devienne aussi«  pure  » ?

Rilke a un mot pour le signifier. La force deviendra pure si l'on peut la retourner dans ce qu'il appelle  " l'ouvert "c’est à dire  là « où le statut nous touche », là où nos sens se trouvent exacerbés, bouleversés, éprouvés par l’incroyable texture originelle du réel.C’est à « La lisière du réel »( Titre de l'ouvrage de Didier Karl) que je peux la goûter et me tenir ainsi à fleur de l’être, au bord du monde, là où la vie se fait jour….

En termes phénoménologiques l’ouvert s’exprimerait par ce qu’est « le faire-monde »suscitant par là ce retour à notre modalité originaire, intime d’être-au-monde : au flux primitif de la vie avec lequel l’être humain fusionne aveuglément. L’ouvert c’est être disposé à l’ek-stase qui prélude à l’éclosion du visible, c'est-à-dire à la première étincelle.