Nuitamment je marchais sur un chemin de crêtes

La terre inondée ravissait les aigrettes

Le vent agite les feuilles des jeunes arbustes

La tempête a cessé, la flore reste robuste

 

Le sol fangeux et lourd forme des lacs étranges

Aux effets de miroir d'un ciel froid noir sans frange

Sublimes correspondances de la terre et de l'eau

L'une et l'autre se répondent et desserrent l'étau

 

Dispute puis réconciliation, les éléments s'épousent

A l'aune d'étranges forces que nul humain n'éprouve

Un tableau, une image des landes tourmentées

Rappellent quelques pages d'une Emilie Brontë

 

C'est un coeur en hiver triste et insomnieux

Sans cris, mais chuchotant un désir impérieux

Vivre à perdre haleine loin des esprits fielleux

Pour sentir se détendre mon petit corps ligneux

 

De grands yeux or et verts scrutent l'horizon

Peut-être une lueur, enfin appareillons !