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Il me plait aujourd’hui de pouvoir enfin renoncer aux plaisirs dits non nécessaires (richesses, désir de gloriole, amours impossibles) superfétatoires, comme à toutes ces fausses croyances jadis construites dans mon imagination et mon cœur d’enfant.Principe de réalité oblige.

La lucidité qui m’anime me donne au fond une chance inouïe, celle de percevoir tous ces sortilèges que le commun s’évertue à produire. Ces faux amours, ces amitiés d’étoiles, ornementations de façade tombent derechef en lambeaux devant mes yeux lassés par cette réalité insipide,  grotesque et gigantesque Léviathan aux tentacules démesurées . Ce monde n’est pas le mien, il est un monde faux.

Pour autant, je ne suis pas moins gaie, moins encore nostalgique d’un paradis perdu, j’arbore simplement une forme d’in-différence ( adiaphora). Il y a ce qui est digne d’estime et ce qui ne l’est plus. C’est une sensation extraordinaire que celle qui résulte de cette forme de détachement, de distanciation à l’égard du sentiment amoureux, édulcoré, fantasmagorique des êtres ou des choses du monde qui vous risque et vous blesse plus qu’il ne vous aime.

« La vie heureuse c'est une âme libre, élevée, sans peur constante, placée en dehors de toute crainte et de tout désir »(Sénèque, La vie heureuse).

Je partage en grande partie cette position stoïcienne à l’exception peut-être de "la condamnation" ou qualité du désir que je souhaite pour ma part gradué, mesuré, évalué à l’aune de mes propres valeurs. Lorsque les faits, les événements intra-mondains vont à l’encontre de ma propre nature, ils créent plus de souffrance que de plaisir, il y a donc lieu de les écarter.

Je veux être dans la VIE en majuscule, la vie qui palpite, tourbillonne, vibre, et tournoie comme un soleil, comme une brise caressant les calices des fleurs d’un jardin inédit, d'une "Cité de la joie" qui reste encore sans doute à venir..