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C’est probablement au fusain que l’artiste a tracé les reliefs de ces monts aux courbes épurées. Le trait fin, « grisé », si délicatement ombré suscite un émoi on ne peut plus singulier.

Une gravure d’antan, l’horloge s’est arrêtée.

Argentique ou numérique, on s’y perd volontiers, happé vers un ailleurs. Aux portes des autochtones, l’hiver s’est invité .Le vent tempête vainement au carreau du vitrail d'une petite chapelle de ce hameau perdu. Dans le creux de la vallée, tintinnabule la bélière de brebis égarées dans le froid. Quelques sculptures de glace couvrent les albâtres aux sources endormies, tandis que persistent sur les tertres des brins d’herbe audacieux.

Etrange distorsion et contraction du temps. Présent et passé amoureusement s’entrelacent dans ces vapeurs d'altitude et de fraicheur hiémale. Eglogues de Spenser, balade bucolique. C’est aux blandices de l’hiver qu’il nous faut goûter, silence, apaisement…hors d’un temps ordinaire.

 

( Sibylle - Fev 2013)