720228080720131045

LAC BLEU

(Photo de Démocrite http://meridion.canalblog.com/)

 

Il existe une poétique de l’eau qui va bien au-delà de la simple perception. Elle dessine, en suspension un monde onirique, une métaphore du temps, hors de tout affairement et du tumulte des hommes.

D’un souffle indolent, d’une respiration tranquille, l'eau caresse les étendues fangeuses des berges, nourrit la sève des bourgeons dormants des plantes hydrophytes. Chaque goutte, petite fée des eaux vives ou dormantes des lacs de montagne murmure leurs secrets. Elle charrie les humeurs, exalte les profondeurs de notre couleur fondamentale : solaire ou ténébreuse. A la tombée du soir, comme un coeur en émoi, une flamme mouillée oscille, danse sur l’onde. La clarté de la lune irise ce miroir de corolles d'étoiles et enchante la nuit. Sans vague à l'âme, le poète apaisé, délicatement pose sa plume et tombe en sommeil dans cet éclat de vie.

Loin des yeux d’Ophélie, de la belle endormie, l’eau ne meurt jamais…