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La plume du poète se tient au seuil de l’être, elle voit, veille, surveille, entend quelques échos. Elle épouse les lacets incertains d’états d’âme, elle égratigne la feuille ou glisse sur le vélin. Les mots tristes ou joyeux murmurent, se heurtent dans le tourbillon syllabique des humeurs. Les objets sans dehors, ni dedans s’ouvrent, se laissent un à un cueillir par les boucles indociles de lettres sculptées sur les grains de papier.

L’océan, la montagne hésitent à ma fenêtre. Comment peut-on entrer si mon cœur s’y refuse ? Dans la rêverie chahutée des songes du poète, la plume s’éveille et virevolte volontiers pages après pages. Inquiétée et forcée sous le joug d’un travail, elle se tait sous les maux, se noie dans l’encrier.