« Il est temps ! Levons l'ancre ! Ce pays nous ennuie »(Baudelaire)

 

L’existence est souvent trouée par quelques dissonances, par quelques déceptions au point qu’il devient difficile de ne pas désirer rencontrer autre chose dans des lieux moins hostiles à notre propre jouissance. « Plonger au fond du gouffre, au fond de l’inconnu, enfer ou ciel qu’importe mais trouver du nouveau » écrivait le poète.

Ceci est d’autant plus prégnant lorsque l’on parvient étrangement à devenir spectateur de sa vie. On remonte son cours dans les moindres détails, dessine ses contours prématurément vieillis, fissurés. A tort probablement, la petite chenille lovée dans sa chrysalide résiste, mais s’épuise aussi.

La nature abandonne tous les êtres et ce, dès leur naissance, au risque de la joie, au risque de la souffrance. Pour autant, le risque majeur est probablement cette insatisfaction souterraine, indéterminée, de surcroît  la plus radicale, la plus obscure face à l’Autre, face au monde.

Lorsque surgit l’usure du désir comme entreprise inéluctable et sans issue, que reste t-il ?