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« Imaginer c’est hausser le réel d’un ton » (L’air et les songes de Bachelard) un ton coloré, musical peut-être.

L’arbre se déshabille, ses branches nues embrassent les cieux. À ses pieds et racines d’ébène se déploie un tapis de feuilles, que les premières gelées taquinent. Doucement, elles recouvrent la terre usée et fatiguée par des pluies torrentielles.

Au solstice d’hiver, l’astre majeur lutte contre la nuit. Elle dévore ses heures et ses rais de soleil, mange sa part diurne. Se trame alors, un combat silencieux entre deux temporalités. Sans dehors ni dedans, deux espaces infinis noués par presque rien, se frôlent et s’affolent dans leur continuité inouïe. Le réel leur sourit, hausse d’un demi ton.

Je me réveillerai au printemps, le vert frangera la terre, les couleurs flamboieront. En se mourant, chaque saison livre sa chair éternellement autre...