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Chers lecteurs, une fois n’est pas coutume, je décide de vous parler d’un sujet d’actualité.

J’eus le plaisir d’assister tantôt à une conférence sur l’économie sociale et solidaire dirigée par Madame Danièle Demoustin (enseignante à l’Institut d’études politiques de Grenoble).Passionnante présentation par ce que l’on peut appeler une experte en la matière. De quoi parlons nous lorsque nous parlons de l’économie sociale et solidaire (ESS) ?Trois principaux items ressortent : il s’agit d’une possible économie dite de « laboratoire », « réparatrice » et enfin de « développement ». Loin d’être un sujet devenu à la mode dont le mois de novembre fêterait son avènement (novembre est le mois de l’ESS dans toute la France), ce type d’économie peine à se pérenniser. Quelles sont donc les raisons ?

Contre toute logique de résultats strictement étatique, cette économie s’évertue à promouvoir l’essor d’un développement économique, lui-même généré par un développement social et non l’inverse comme le suggère le principe de l’économie libérale.Il s’agit de revisiter ce que nous mettons sous le concept de richesse qui n’est pas monétaire, ni marchande mais recouvre celle du bien-être. C’est une économie nettement territorialisée qui étend ses ramifications par le biais associatif, l’attribution de subventions, et surtout un tissu relationnel, intersubjectif d’entraide.

Depuis peu, l’Etat à légiféré par une loi expliquant ce type d’économie.Pour autant, tout reste à faire et l’engagement de ces acteurs de terrain s’apparente plus à du militantisme qu’à un parcours classique de salariés traditionnels.L’action de ces bénévoles, de ces salariés se confronte au principe de réalité. Les valeurs liées à la reconnaissance et primauté de l’humain constituent certes un horizon mais n’induisent pas ou peu de pratiques.

Comment concilier la verticalité du pouvoir étatique avec la transversalité de cette économie de relations ? Comment parvenir à donner à ces expériences « horizontales », initiatives locales une résonance nationale ? A l’instar de Malraux «  les idées ne sont pas faites pour être pensées mais pour être vécues » L’enjeu est donc considérable en ceci même que cette réconciliation participerait à une revitalisation de la vie politique, moribonde aujourd’hui. Notre démocratie représentative ne l’est plus dans les faits tant les revendications citoyennes divergent de celles de nos édiles.

A ce titre, l’économie sociale et solidaire ne doit pas être entendue comme un succédané, une démarche philanthropique ou un supplément d’âme qu’il s’agirait de donner aux politiques publiques, elle réinterroge ce qui préside à l’essentiel de toutes nos richesses : notre bien-être.

"La seule chose promise d’avance à l’échec, c’est celle que l’on ne tente pas. » disait Paul-Émile Victor.  

Gageons alors que l’absolue nécessité de préserver notre bien être, notre élan vital, soit l’objet de tous les désirs gouvernants – gouvernés sans distinction aucune.