nietzscle_lou_salome

 

Récemment encore je lisais dans un petit écrit que la relation « amoureuse » entre deux adultes devait s’entendre et se comprendre sur la base de deux SUJETS LIBRES. L’expression prête à sourire ou plutôt soulève quelques interrogations.

De quelle liberté s’agit-il ici ? Chacun agit et décide de son côté. Chacun fait ce qui lui plait indépendamment de la connaissance et du respect du désir de l’autre ou bien les deux personnes se parlent et d’un commun accord évoquent ensemble leur position de liberté respective.

De là résulte deux possibilités : soit il y existe un terrain d’entente commun, soit émerge une disjonction radicale entre les deux personnes et la discussion, a fortiori la relation est close, nulle et non avenue.Plus à fond, on peut se demander ce qui fondamentalement se joue ici. Quel est le risque, la perte, le danger encouru, la perte de sa singularité, de son identité, de sa pesanteur d’ek-sistence ?

Il ne s’agit pas de faire de procès d’intention, cela serait trop facile et de quel droit je vous prie ? Je préfère être beaucoup plus humble, circonspecte car il semblerait qu’une telle revendication ne soit que la partie cachée de l’iceberg, d’une souffrance beaucoup plus maligne car souterraine. Fuir à tout prix la geôle du couple dit inséparable, arrimé pieds et poings liés l’un à l’autre, « attaché » mais au sens exclusif d’être ligoté, enchaîné tel l’animal de cirque apparaît dans ce registre comme une condition et solution sine qua non.

Je me suis interrogé sur ce genre de position, d’affirmation souvent réitérée par mon entourage. « Etre un sujet libre… », pour quel motif ce slogan trouve t-il aussi peu de résonnance en moi, probablement parce que je l’ai toujours été et que je n’éprouve pas le besoin de le revendiquer de le crier pour m’en convaincre et tenter de maintenir à flot jour après jour cette LIBERTE comme ultime sauf-conduit de mon existence. Là encore, surgissent quelques réactions épidermiques probablement liées à chaque histoire personnelle avec ses vieux fantômes, ses drames et ses démons au point que certains diront : PLUS JAMAIS CELA !

Je finis par comprendre que la nature humaine ou l’humaine nature c’est selon, est sans aucun doute pétrie dans des contradictions indémêlables. La peur du couple, du mariage, de la femme a souvent été évoquée par des littérateurs et des philosophes. Il n’en demeure pas moins que l’un des plus misogynes d'entre eux F .Nietzsche pour ne pas le nommer, ce pauvre surhomme, dont l'esprit ferraillait avec les dieux,  proposa à Lou Andréas-Salomé un mariage de deux ans, demande formulée par écrit et qui plus est , par l’intermédiaire d’un ami.

Comprenne qui voudra, courage mais ne fuyons pas....