14 février 2014

Petite âme

Ma chère petite âme, C’est du bord du monde que je t’écris. Tu as longtemps traversé cette vie dans un immense paysage, gelé, glacé, recroquevillée sur toi-même. Il fallait pour survivre t’inventer un monde, celui là même qui te protègerait et te laisserait tomber dans l’oubli et la paix des tiens. J’aurais voulu que l’on t’aime avec toute cette force et cette fragilité qui se heurtent dans ce corps frêle, singulier, parce que ces forces ou ces tensions ne sont peut-être pas si laides pour celles et ceux qui osent et savent les... [Lire la suite]
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07 février 2014

Saisissement

(Photo de Démocrite : http://clinamen.canalblog.com/ ) Être présent au spectacle à l’instant même où il surgit, c’est l’art du photographe. La dualité du sujet et de l’objet s’évanouit, irisée ici par l’éclatante lumière azuréenne : naissance de l'esthète.. C’est en "particules poétiques" que flottent et se dessinent quelques grains argentés contrariant le solstice d’hiver. Ephémère puissance d’épousailles a - morphiques de gouttelettes d’eau. Elles échevellent les crêtes, taquinent les sommets. Le ciel bleu et son étrange... [Lire la suite]
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06 février 2014

Insignifiance

    « Le vrai contact entre les êtres ne s'établit que par la présence muette, par l'apparente non-communication, par l'échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure » (De l'inconvénient d'être né (Cioran)) Le signe linguistique est une menace pour la compréhension de l’être-au-monde, parce qu’il nous ramène précisément à la dualité de toute représentation, c'est-à-dire à des pensées secondes, toujours a posteriori. Le couple signifiant-signifié érige une forteresse de la pensée tissée... [Lire la suite]
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04 février 2014

L'étoile

Il y a si peu de gens qui aiment les paysages qui n’existent pas. (Fernando Pessoa). En silence, ils s’envolent à la rosée du matin, réapparaissent dans la lumière noire de la nuit. Leur musicalité, celle d’une eau brûlée ruisselle dans mes veines, irrigue mon imagination d’un petit fluide lustral. Sables mouvants de mon enfance, aux archétypes fondamentaux agités, intranquilles. Tourbières d’outre-tombe, je vous laisse là bas pousser au fond du monde. Si l’eau mêlée de nuit est un remords ancien qui, souvent ne veut pas dormir,... [Lire la suite]
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