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J’ai commencé si tard, il y a quelques années à peine, à aimer vraiment le monde «  Amor mundi », à aimer certaines personnes aussi qui rayonnent et me donnent la joie de vivre. En retour, j’ai donc fini par m’apprécier d’une certaine façon à défaut de me déprécier comme ce fût longtemps le cas, c'est-à-dire à me sentir bien avec moi-même… Tous les chagrins sont supportables si on en prend juste sa part et si l’on décide que l’autre pan ne nous appartient pas.

Il n’y a là, chers lecteurs aucune prétention, aucune suffisance, aucune arrogance, simplement un constat.Par gratitude, ici sur ces ondes numériques, je voudrais avoir une amicale pensée pour ceux qui m’ont permis d’accéder à cette ouverture, à ce sentiment aussi de tranquillité. Je me suis déconditionnée du regard d’autrui, de cette forme d’avilissement qui ne vous laisse jamais en repos : de cette dictature de la bienséance, des conventions, du sauvetage systématique de l’autre : timide, complexé, rougissant, introverti…pauvre petite chose à laquelle on doit accorder toute son attention, sa retenue, sa gentillesse, sa compréhension…

Comme le disait Cioran, « La sainteté me fait frémir : cette ingérence dans les malheurs d'autrui, cette barbarie de la charité, cette pitié sans scrupules »...est accablante.

Marcher seule dans une forêt de fougères automnales, courir sur la grève fraichie par la neige et balayée par la bise c’est cela la sérénité triomphale. Je ne veux plus être « agie » mais je veux être agissante au milieu du tumulte des transformations silencieuses.

Le travail de mon esprit, de mon corps est celui que sculptent mes mains à travers mes désirs, mes élans, mon adhésion active à mon VOULOIR VIVRE : optimisme sans complaisance de soi à soi peut-être ? Sublimation de la vie : assurément…