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Je me promenais dans ces bois odorants, terriblement familiers. Sous mes pieds, s’ouvrait  un chemin de terre avec quelques galets que les élans du gave jadis enragés, expulsèrent de son lit de sables mouvants.

La forêt est un état d’âme, elle vous enveloppe d’une humeur tantôt automnale, estivale ou printanière. Le lierre étreint amoureusement l’écorce d’un chêne au branchage auguste et solitaire : un arbre majestueux au sépulcre ignoré. A son pied, des fleurs fines, mousseuses et délicates protègent ses rhizomes où coule la vie.

Dans les champs verdoyants des hautes graminées, sur des fleurs en ombelles, deux oiselets s’agitent, cherchent la petite oiselle. Ils se posent, discutent, épient les petits cris.

D’un coup, un vent alizéen caresse leur plumage et dans un souffle d’or murmure la douce nouvelle…