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Les évènements de l’enfance vous constituent de façon structurelle avec tous ses penchants heureux ou malheureux : rhizomes imputrescibles du thumos.Sinuosité de l’âme, de ses désirs, de ses aléas, de ses contradictions permanentes avec ses promesses d’un jour si peu tenues sans retenue aucune d’ailleurs.La lutte est inégale voire même inutile, c’est un fait, sur un plan strictement anthropologique et biologique,« dans un bois aussi courbe que celui dont est fait l’homme, on ne peut rien tailler de tout-à-fait droit » (Kant,  Idée universelle d’un point de vue cosmopolitique, proposition 6).

La fleur de l’enfance ne fane jamais. La corolle de la rose baccara si belle en apparence avec son parfum délicat aussi ne donne qu’une illusion de velours, de beauté et de douceur, ses épines peuvent être redoutables sitôt que la cessité nous affecte et que la vision devient trouble.

Un enfant trop aimé par sa mère « arachnide possessive et au final destructrice pour sa propre progéniture »  jamais ne connaitra le sevrage nécessaire pour satisfaire à son autonomie. À rebours, un enfant mal aimé sera en perpétuelle demande d'amour et de reconnaissance. Si les conséquences de ses attitudes dé-placées de « la mère nourricière » étaient neutres pour l’adulte en puissance, cela serait moindre mal. Mais là où le bât blesse, c’est que dans ces deux cas de figure, les effets conditionnent et compliquent terriblement la future relation amoureuse de l’adulte et entravent par là même ses possibilités d'être heureux d'une façon générale.

L’un veut, inconsciemment préserver ce cordon ombilical d’amour immesuré qui le soutient et le tient au statut d’enfant roi : le plus beau, le plus fort, le plus admiré de tous, tandis que l’autre, formule implicitement des suppliques pour qu’il soit enfin considéré, regardé comme un être à part entière : "un plus que rien".Comme il est difficile de déchoir ou de choir de toute éternité.

« Surprotéger ou sous-protéger », c’est un legs redoutable pour un enfant dont l’héritage n’a pas été choisi mais toujours résolument subi. En prendre conscience est le premier pas peut-être, pour rehausser son estime et sa puissance d’exister toujours plus et mieux encore si celle-ci s’accompagne de joie.

Pas de moraline ici : de bien ou de mal dressés l’un contre l’autre comme des étendards. Ces notions-là sont d’emblée disqualifiées au profit de celles de l’utile et du nuisible pour son propre développement, pour sa capacité à désirer ACTIVEMENT et dans un élan spinoziste, je dirais presque : d'exister conformément à la nécessité de Sa nature c'est à dire en dehors du giron matriciel, loin des fantômes du passé et de l’enfance "maltraitée".