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Drôle d’humeur que celle d’aujourd’hui qui me permet de prendre de la distance eu égard à certains évènements. Je me sens plus légère, détachée, sans encombre, je dirais même : presque indifférente à tout ce qui, autrefois aurait pu me causer quelques tracas. Ce qui engage le mondain ne m’intéresse plus : les conflits, les rivalités, les comparaisons,  les rapports de force, les mensonges, l’envie et la jalousie.  Ah quand elles nous tiennent,  pour ma part, ces tristes passions humaines restent à même le sol, lestées par leur misérable pesanteur, je les piétine, non mieux je les survole.

En ce sens, l’attitude critique ou phénoménologique me convient parfaitement et pour en sourire (à titre de clin d’œil) me permet d’accéder à une forme de sérénité. Naturellement, me semble-t-il, je vis ce que l’auteur de Sein und zeit appelait l’instant de la résolution,  c'est-à-dire cette capacité de s’arracher des préoccupations quotidiennes, de choisir mon mode d’ek-sitence qui me permet de faire ad-venir  mes possibilités d’être les plus propres.

Je suis et j’habite ma temporalité, j’écoute mon rythme, j’ignore toutes ces pensées, ces perturbations intempestives dont je n’ai que faire au fond, qui écarteraient toute cohésion du moi. Seule ma « futurité » m’intéresse car elle est le lieu de tous les possibles pour l’heure insaisissables mais terriblement perceptibles. Immanquablement, mon ipséité s’arque boute sur ce lien fondamental tissé par les trois extases temporelles avec probablement, je le sens intimement, une certaine prévalence du futur : signe d’ouverture, de naissance, de découvertes, de rencontres belles de surcroît, de joie aussi.

D’un coup, un voilage doux peut-être d’organdi, recouvre ma peau traversée par ce va-et-vient, ce flux et ce reflux, une sensation étrange de bien être, un sentiment d’enracinement et d’équilibre m’envahissent. Je suis en partance. Je respire enfin.

La rêverie me surprend, une poésie s’invite à l’instant sans épuiser ses vérités : un éclat de clairvoyance car l’œil du poète, faut-il le souligner est toujours neuf. Le parfum de la lumière devient une flamme florissante, comme un dedans et un dehors qui tendrement m' enveloppent et cela suffit.