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Chaque déception devrait être un nouveau défi pour soi et non une paralysie pour son être. Cette double dynamique ou courbe inversée , si elle s’effectue se fait probablement en deux phases : celle qui dans un premier temps vous attriste, vous désole et celle qui lui succède « nécessairement » (oserais-je dire), question de « survie » ou de bien vivre, qui s’affirme comme un dépassement de ces impressions psychiques, corporelles momentanément altérées, pour prendre enfin de la hauteur.

En effet, penser comme Rousseau que «  le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité » serait un glissement hors de la réalité, et a fortiori une fuite de soi. L’ombre et l’exil  ne satisfont et surtout ne sauvent jamais de telles circonstances. Le choix d’agir ou de réagir s’impose donc presque de lui-même avec toutes ses difficultés qui probablement l’accompagnent.

C’est alors une sensation étrange qui vous envahit avec tout son cortège de contradictions : il s’agit de conserver et de dépasser, autrement dit  de ne pas vouloir simplement délester son moi d’une forme de désenchantement mais essayer de comprendre ce qui l’a produit.

Le processus se fait alors sciemment, travaille dans le silence des profondeurs. Chaque heure passée érafle le fruit, sépare l’ivraie du bon grain. L’horizon trouble s’éclaircie, nous apprenons à voir, à savoir, à saluer la réalité et à ne plus nous illusionner.

Que le pouvoir de l’imaginaire est puissant quelquefois pour nous mettre à ce point en déroute, en attente d’espoirs « dé-sus », mal placés, mal calés, c'est-à-dire non sus ! De fait, recouvrer la vue peut faire mal. Le soleil est toujours éblouissant pour l’homme habitué à vivre dans la caverne, mais l’espoir est là, (si tant est qu’il faille espérer d’ailleurs) puisque le soleil est nouveau tous les jours.

Pour autant, loin de tomber dans un optimisme béat , il est bon de sentir que l’ombre sera toujours présente en nous  afin de confondre peut-être ce reflet que nous prenons pour la lumière et de faire ressortir la véritable clarté celle de la lumière de l’Obscur de nos propres affects.