20120318213739_nostalgie

Le monde où l’on vit n’est pas celui où l’on pense. J’en veux pour preuve ces relents de nostalgie (maladie du pays, du grec « nostein » revenir à  et « algia » : chagrin) auxquels s’arriment quelques âmes blessées. Le clair-obscur de l’inconscient et du rêve anime et ravive toujours davantage ces tensions. Ces forces souterraines travaillent sans cesse, chahutent les jours et les nuits et déstabilisent leur proie : rêve ou réalité ? On s’y perd volontiers lorsque l’épuisement vous gagne.

Faut-il alors lutter contre un tel processus ?

Sans contredit, si celui-ci fomente quelques maladies de l’âme, ronge l’énergie vitale ou favorise quelques délires paranoïaques.  En revanche, si ce processus est bel et bien source de création, alors laissons le couler dans les petits canaux et circuits sanguins, il œuvrera pour la bonne cause !

La maitrise est difficile car c’est l’imaginaire et non l’esprit de l’être nostalgique qui agit fondamentalement, dans cet état de  singulière alternance d’heures taciturnes et d’heures de lumière. Exaltation des affects dans ce vague à l’âme incessant.

Mais vers quel nouveau destin nous portera-t-elle, cette nostalgie aux yeux couleurs des cieux des vieux soleils défunts? Le miroir du passé est un miroir sans tain.