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J’ignore si c’est le mot qui me porte ou si c’est moi qui porte le mot. J’écoute sur des ondes un discours en langue étrangère, je ne comprends pas la teneur de ces propos.

Pour autant, j’entends des sons avec cette singularité d’un dire qui bruite comme phonème et provoque simultanément un émoi, un retentissement.

Le mot prononcé, chanté, vociféré, chuchoté, susurré déploie la résonance du silence. Il a généreusement oublié la quiddité de son essence purement conventionnelle, celle là même qui désire tout dire,  tout embrassé d’un revers d’alphabet.

Là où le mot faillit, l’unité originaire souvent se retrouve.

Il y a un dire « nommant » celui qui circule dans nos conversations quotidiennes qui use et flétrit la fleur de notre existence. Il y a aussi un dire « vivant,» celui avec lequel nous aimons voisiner, chahuter, re-naitre et viellir. Grâce à lui, nous adhérons au monde aux dimensions éclatées et nouvelles, mises pour le coup SENS dessus dessous.