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Lutte pour la vie : naufrage (Henry-Eugène Delacroix)

Par volonté, nous dit ce cher Arthur, il ne faut pas comprendre : « faculté de pouvoir se déterminer à faire ou à ne pas faire » (avoir de la volonté) ou encore « intention de faire quelque chose » mais : une volonté sans intelligence, un désir aveugle, irrésistible « telle que nous la voyons se montrer encore dans le monde brut, dans la nature végétale, et dans leurs lois, aussi bien que dans la partie végétative de notre propre corps ».

Vouloir se conserver soi-même est l’expression d’un sentiment de détresse écrit Schopenhauer, et pourtant pourrait-il en être autrement ?

Là où le bât blesse me semble-t-il, c’est lorsqu’on ne vise et ne poursuit que cela jusqu’à une forme d’épuisement psychique et physique (hum, ironie du sort). Lutter contre l’anéantissement de soi par un processus d’épuisement plus ou moins long, le « vouloir vivre » n’est pas à une contradiction près. Comment dans cette acception bien comprise, pourrait-il y avoir propagation de l’espèce si je reste autant autocentré?

Cette thèse ne fait que renforcer ce que de nombreux « penseurs » politiques du droit naturel ont déjà évoqué, mesuré, évalué comme constituant les appétits et les aversions humaines. Piètre image en vérité que celle que donne à voir le vouloir vivre de l’homme.

En effet, ce qui le meut fondamentalement est un égoïsme forcené animé  par cet acte sans cesse réitéré de vouloir réaliser ses désirs et ce à l’infini. Au final qu’avons-nous ? Ennui, lorsque le désir est réalisé, insatisfaction lorsque l’objet est absent.

A l’aune de cette réflexion, je ne sais pas ce que peuvent devenir des notions comme celle de l’idée de bien commun, la reconnaissance et l’approbation de l’altérité et a fortiori de ce qu’il peut advenir d’un sujet, d’une subjectivité qui est d’emblée dessaisie de toute faculté  propre à pouvoir sinon se déterminer, du moins infléchir la courbe de son existence.D’aucuns diront les deux actes « volitifs » naviguent sous des strates différentes ! Que nenni, le vouloir vivre conditionne immanquablement l’autre faculté.

Dès lors, comment pouvons-nous créer « un semblant d’équilibre » entre l’expression d’un vouloir vivre aveugle et une volonté qui tente de peser, de décider, d’agir, et d’organiser les actions quotidiennes. Sont-ce là deux lignes de forces qui ne se rencontreront jamais et qui n’ont pas à vocation de le faire ?

Je n’y crois pas un seul instant ! Principe de réalité ou pessimisme outrancier ? Débrouillons nous avec tout cela, autant que faire se peut n’est-ce pas…Merci Arthur.