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Le roseau plie mais ne rompt pas. Sa courbe n’est-elle pas belle, gracieuse, élégante et chic ?

Souvent le pli nous froisse, nous égratigne, nous titille dans nos propres pensées, mieux dans « nos »pensées « propres » bien arrangées, bien agencées, sans boursouflures aucune. Tout doit être bien lisse, sans faux pli, sans vague à l’âme, sans cannelure..  Arrondissons les angles, bassesse que sont tous ces bas-reliefs au regard du bien-pensant!

Gardons l’idée de joliesse du relief pour les amoureux des cimes, ceux-là aiment les chemins tortueux et retors. « Ils aiment se faire mal ».

Pourtant, selon des petites mains,  le pli tombe bien quelquefois, complètement figé certes, mais avec quelle élégance ! Celui-là refuse tout mouvement, freine la course du temps, il ne doit pas bouger, ni se défaire c’est d’ailleurs un « vrai faux pli ». Beauté parfaite, inerte, comme celle que l’on emprisonne sur papier glacé.

Que pouvons-nous dire alors du pli de la tunique de la danseuse qui s’élance pour faire un assemblé ou échappé sauté ? Le pli s’organise sensuellement sous son vêtement cristallin autour de sa poitrine et de sa taille. Il naît et disparait aussitôt.Ce pli « optique » serait-il en mesure de convertir ce pli organisé de nos pensées figées par les convenances ?

Un pli-ssement des rides du front nous permettra de répondre peut-être, et de remettre tout cela à plat pour donner chair et préséance au pli organique qui ne se décide pas, mais surgit çà et là au gré de nos sensations. Heureuse vitalité que ce pli là !