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Comment peut-on vouloir défendre la justice sans s'interroger sur son fondement ? Tout est bien écrit messieurs les diseurs de droit et qu’on s’en tienne surtout au texte de la loi.

Ainsi soit-il.

Pour autant, osez leur poser la question sur les fondements du droit, de leur matière de prédilection qu’il expose sur la scène publique sans jamais s’interroger sur son creuset originel.  Braves petits soldats, dociles, ils obéissent, lisent récitent superbement ces textes hérités auto-suffisants auto référencés, mais sont incapables d’une quelconque remise en cause.  

J’insiste, rien ne relève ici d’une lumière de la raison mais d’une divinité du droit, mais cela il faut le taire car trop dérangeant. En sont-ils conscients ? Que fait le droit sinon totaliser l’individu à une litanie d’articles pour au final le réduire à rien. En réalité, la question des origines, de la validité et de la légitimité du droit positif fait problème et n’est jamais interrogée par les principaux « utilisateurs ».

D’aucuns, ceux qui osent penser quelque peu,  ont affirmé que c’est dans le droit naturel que s’enracine le droit positif. Ce dernier serait posé par des volontés humaines. Le droit naturel, lui, serait issu d’une volonté supra ou infra humaine : l’obéissance aux commandements de la nature, obéissance qui serait la norme elle-même.

Circularité et relativité du discours : peu convaincant n’est-ce pas ?  En effet, du point de vue scientifique la nature n’est ni plus ni moins régie que par la légalité causale et ne possède aucune volonté immanente à moins d’inclure dans la nature une volonté divine.

Qui parle et d’où parlons-nous lorsque nous parlons du droit ?  

On peut possiblement évoquer ou rappeler les trois types de domination légitime proposés dans le « Savant et le politique » de Max Weber.

1.Un caractère rationnel, reposant sur la croyance en la légalité des règlements arrêtés et du droit de donner des directives qu’ont ceux qui sont appelés à exercer la domination par ces moyens (domination légale) .

2. Un caractère traditionnel, reposant sur la croyance quotidienne en la sainteté de traditions valables de tout temps et en la légitimité de ceux qui sont appelés à l’exercer par ces moyens (domination traditionnelle).

3. un caractère charismatique, reposant sur la soumission extraordinaire au caractère sacré, à la vertu héroïque ou à la valeur exemplaire d’une personne, ou encore émanant d’ordres révélé ou émis par celle-ci (domination charismatique) .

Cet ancrage du droit est peut-être envisageable à condition de ne pas vouloir à tout prix le positionner dans un seul et unique caractère. En effet, c’est dans une participation commune aux trois composants que celui-ci pourrait tirer sa substantifique moelle, mais de vous à moi, je reste très dubitative voire même perplexe …Pouvons-nous parler véritablement d’une légitimité du droit en l’état, « Etat qui est de droit cela va sans dire » ?

Circularité du raisonnement, de l’arraisonnement susceptible de commettre comme fonds ce qui dévoilerait la légitimité du droit. Aveuglement, échec de la raison ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que ce qui est mis en balance ici c’est la territorialisation du droit ( Etat- Nation ») avec celle de chaque l’individu.

Nous touchons du doigt la corde sensible, celle qui dessine un territoire propre à chaque individualité : à « l’espace intérieur de l’habitant », non codifiable ou plutôt autrement codifiable car ce dont il s’agit ici, c’est du sujet lui-même. L’effort est louable, l’idée est souhaitable, belle sans aucun doute mais achoppe probablement sur l’aspect pérenne et universel nécessaire au droit positif. C’est une véritable révolution qu’il faudrait faire à l’aune de nos schèmes de pensées pour qui repensera le droit.

Comment faire une place à la Raison et aux Passions humaines dans le droit ? Nouveau leurre, nouvelle illusion,  "le premier devoir de l’homme écrivait Kant, c’est de se croire libre ", le premier de ses droits est peut-être de se donner la chance d’être libre…