Apparences

 

Le séducteur (trice) toujours insatisfait est immanquablement prisonnier de la tyrannie de ses instincts. En y réfléchissement, je dirais que l’exercice irrépressible de de ce penchant est au fond la pire des violences que l’on puisse faire à autrui mais aussi et surtout à l’égard de soi-même. C’est une recherche et une course sans fin du désir d’être vu, reconnu, admiré, esclave des apparences et du « qu’en dira-t-on »..Miroir, miroir des ondes numériques dis-moi qui est le plus beau, la plus belle ?

Les créateurs des sites sociaux l’ont bien compris : combien de « midinettes » et de « Casanovas » se mettent en scène sur la toile du web (« fesses-boucs ») avec des photos prises sur le vif lors de soirée entre amis pour se sentir simplement exister. Pauvres marionnettes  au cerveau démembré.

La volonté de puissance qu’exerce aujourd’hui « le faire voir » et qui devient "un faire-valoir" au degré d’obsolescence foudroyant l’emporte sur tout. Le charme est rompu ou presque. Désolation.

Pour autant, les circuits du net ne commandent pas tout, pas encore. Il y a du préfabriqué certes mais aussi de l’inattendu. L’homme séduisant existe encore même s’il se fait de plus en plus rare.  Il est l’homme libre et libéré de toute dépendance pathologique de plaire à l’autre à tout prix, car bien avec lui-même tout simplement. Celui-là plait « naturellement, car de fait,  il offre au regard une forme spontanée de ravissement au charme indéfinissable, non programmable et non programmé.

Alors,  retour à l’origine ou à l’original je vous prie, question de perspectives, de souffle et de respiration. « Que ne peut le charme salvateur d’Apollon » disait Nietzsche  certes, mais de grâce en chair et en os !

Humoristiquement vôtre.