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Après une mauvaise série de week-ends interminablement pluvieux , nous pûmes enfin reprendre les chemins vallonnés d’un fameux plateau pyrénéen. Surpris par l’étonnante douceur dominicale et quelques rais printaniers du soleil, nous décidâmes de cheminer sur des courbes inattendues, des terres ondulées, tantôt douces, tantôt raides et pentues.

Mes jambes me portent avec force et plaisir dans cette sensation de verticalité. Que recèlent ces monts sinon leur mystère abyssal d'une naissance tourmentée : le souffle de la terre.

Très furtivement, un renard nous salue. « Deux isards bipèdes » croisent son chemin. C’est au sommet que se dévoile la beauté véritable de ces  lieux heureusement non sus. L’esprit s’évade, part et s’engouffre dans cette dialectique de l’assise et des cimes que les nuages épousent dans une course effrénée.

Les mouvements intimes fluctuent cà et là comme le va et vient de l’écume des jours. Au creux de la vallée, l’eau étale du lac  doucement perceptible suggère presque rien : juste l’initiation au silence.