images

Notre conscience est toujours d’emblée en mouvement propre, fut-elle dans ce cas libérée de toutes spéculations ou d’actes volitifs de signification. Pour elle demeure toujours une visée, une tension vers ce qui sillonne notre halo perceptif.

Pour autant, son plus noble élan se déploie dans le champ poétique, celui-là même qui précède toute scission constructiviste entre le sujet et l’ob-jet. L’image poétique ne recouvre pas un objet car elle n’a pas besoin de savoir, de connaitre, elle irise ses formes, ses contours, célèbre ses couleurs d’un langage toujours jeune, toujours neuf,  celui de ses origines.

Le poète compose grâce à l’image, toujours mobile, toujours dynamique qui vacille et retentit dans une entente particulière de l’être. La plume chante les sonorités muettes des notes qui dansent et dessinent notre partition, notre mouvement du vivre.

Là où le langage exagère, l’image poétique suggère  « une métaphore vive » sans phraséologie, ni normativité. Dans un accroissement des sens, ici les mots donnent à voir comme signes peut-être, d’une a-perception originaire possible.