Labate del bozo 2407 m_modifié-2

( AISA : 17 mai 2015)

On ne sait pas ce que peut un corps disait Spinoza. Effectivement, la longue marche en montagne est un effort singulier qui met en mouvement toutes nos cellules qui s’agitent, se transforment, au grès de l’altitude. Sur ces hauteurs presque improbables la respiration devient tonique.

La marche active des rêveries substantielles intimes et digestives, le corps et l’esprit gagnent en vertu. L’arbre qui pousse au bord de l’abime appelle une sauvagerie qui nous est devenue étrangère et pourtant …Il prend ses racines là où le rocher se tourne vers les profondeurs insondables d’une verticalité possiblement inversée entre les cieux et la terre sur un promontoire au-delà du monde. L’air des hauteurs vivifie, bouscule nos sentiments, nos sensations mêlées, oubliées.

Rien n’est figé. Je suis corps et âme en même temps : une puissance en somme qui peut devenir active et joyeuse à condition de « çà-voir ». Ne faut-il pas « porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante ». (Ainsi parlait Zarathoustra (1885), Friedrich Nietzsche)