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Un sujet de bac de philo ce matin : «  La politique échappe-t-elle à la vérité ? »

Vérité du mensonge, rhétorique du mensonge de la vérité. Toute la difficulté ici est de savoir ce que recouvre le terme de vérité. Il n’est pas question ici pour moi de traiter ce sujet mais simplement de soulever quelques interrogations.

Quel type de vérité peut émerger sous le régime de l’opinion à laquelle s’attache le discours politique rodé, stéréotypé, manipulateur ? En effet, L’opinion dont il s’agit ici n’a rien à voir avec celle que tient la conscience commune : pierre angulaire de la démocratie et qui réclame simplement son dû, mais celle qui tente de manipuler les faits (sociaux, économiques, humains, environnementaux) pour mieux asseoir une pseudo-vérité dressée en absolu.

Par là même, l’objectif du politique est de réassurer toujours et encore davantage ses propres fondations, c’est-à-dire de satisfaire ses intérêts. Dans cette acception, il s’agit de modeler la vérité  et de tenter de se l’accaparer. Démarche ô combien illégitime, lorsque l’on prend conscience qu’agir de la sorte c’est déjà nier le foisonnement des possibles qui peuvent participer à la réalisation d’un bien commun.

C’est aussi balayer le champ du réel d’un revers de manche et nier la complexité des choses comme celui des relations humaines. Aucune doctrine, aucune théorie politique, économique n’est capable d’embrasser cette complexité sans la réduire, sans l’amputer car pour bien faire, il nous faudrait pouvoir dépasser tous les cloisonnements que l’on s’évertue de poser sur la trame du réel.

Aujourd’hui, la prétendue « vérité » des politiques détient l’ensemble des particuliers en otage !  On nous culpabilise, nous montre du doigt, mauvais élèves de l’Europe, pauvres endettés que nous sommes !

La dette, si elle existe, est du côté des politiques « en manque de compétences et de vérité » : absence de concordance entre leurs promesses électorales et leurs agissements, inadaptation ou impuissance d’agir par rapport aux faits, enfin, le refus d’accepter une vérité contraire à leur pouvoir ou leurs intérêts : le mal radical en somme, comme arme de déception massive.