Tantôt, un être proche m’interrogeait sur un article de sa composition portant sur l’amitié. Vraisemblablement son article jeta le trouble dans certaines consciences : « drôle d’article », désaccord sur le fond quelquefois, mais aussi quelques acquiescements ici ou là…Tout et son contraire comme souvent.

L’amitié, hum l’amitié…D’où vient-elle ?

Probablement d’une insatisfaction permanente, source d’angoisse ou de malaise. Peur de la solitude,  de l’esseulement, pire d’un face à face avec soi-même. Il s’agirait donc comme dans la relation amoureuse de combler un vide, un gouffre car le lien social qui se tisse entre les êtres n'est jamais assez intime, jamais assez vaste, jamais assez totalisant. 

La vérité c'est que l'homme moderne n'est jamais vraiment bien ni avec lui-même ni avec autrui : il ne supporte ni la multitude ni la solitude. Que cherche-t-il au fond dans l’amitié : un remède, un succédané à son mal être, à cette insoutenable légèreté et fugacité de l’existence ?

Il semblerait que ce que l’on cherche dans l’amitié serait une sorte de réciprocité décalée. Ce qui m’intéresse chez l’autre c’est ce que je n’ai pas et ce qu’il peut me donner de meilleur pour combler ce « trou ».Du coup, je m’enquiers de l’autre comme modalité possible de l’effectuation de mon « moi » digne d’estime et de respect. Dans cette acception, l’amitié est ce qui accroitrait ma puissance, me donnerait confiance et a fortiori me rendrait capable de …et cela ce n’est pas rien.

De fait, et c'est là me semble t-il un autre critère de l'amitié, contrairement à ce que pense la conscience commune, ce n’est pas dans le malheur, la douleur que l’on reconnait ses amis mais dans le bonheur de faire partager ses joies de l’existence et de sentir chez l’autre AMI, cela va s’en dire, qu’il est capable de se réjouir pour moi autant que moi je me réjouis de l’évènement joyeux qui me touche.

Preuve d’un dés- intéressement certain s’il en est, l’amitié est celle-là même qui s’initie à l’encontre de toute forme de pragmatisme utilitariste.