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( La Palma : le 24 octobre 2015)

 

Sur ces hauteurs improbables de la Caldeira (2426 mètres) nous marchons sur un petit chemin de lave. Peu à peu, notre inconscient se creuse dans un abîme imaginaire, onirique. Curieusement, le sentiment insulaire sape tous ces liens que nous avons avec notre quotidien, avec ces actions superfétatoires, ces affairements que nous entretenons pour tenter de nous convaincre que nous sommes bien là dans ce monde.

Cet espace terrien, stellaire aussi nous enveloppe d’une sensation aigüe d’émerveillement et d’effroi : toute chose peut tomber et disparaitre en nous. Là où le tourbillon des humeurs du cratère se déploie, la chute reste toujours possible. Surgit une nostalgie innée de la verticalité enfouie, secrète qui déborde nos cœurs : l’ile est un refuge, une terre intérieure.

A cette altitude, une poétique des ailes bouleverse nos passions.Tout autour, à même la rotondité océanique, les crêtes des vagues blanchissent sous la risée alizéenne. L’océan, l’océan toujours recommencé, vogue ce vague à l’âme : le cantique des marins bruisse pour s'échouer et se rêver en moi.