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Inquiétante solitude, inénarrable angoisse du moi. Courir sans cesse, trouver une présence, tenter de tenir entre ses mains l’autre pour se sentir toujours moins seul, voilà les désirs de plus en plus prégnants de l’homme moderne.. L’homme et ses sempiternels travers. On « maile, on textote, on surfe sur les ondes du tout numérique ».

On pèse et soupèse la qualité de notre existence aux illustres inconnus qui signent avec des likes des photos captées sur le net : négations de toute pensée. Esclave du regard d’autrui, de son assentiment, de son admiration. En somme, il faut créer du lien, du lien à tout prix, à n’importe quel prix !

Le désir de reconnaissance est un désir d’esclave disait Nietzsche, désir profondément obscur qui répond à des pulsions malheureusement aujourd’hui devenues « vitales ». Seul le prestige comme sentiment aristocratique intéresse un homme de mauvais goût. S’aimer à travers le regard de l’autre est un risque certain, c’est prendre le risque de se laisser conduire voire même éconduire par les valeurs d’autrui.

Souvent, je m’interroge sur cette motivation qui pervertit les relations humaines. J’observe ces turbulences qui sourdent dans le non dit, cette réciprocité fausse et tronquée, subtil faire-valoir opérant dans un mouvement strictement égoïste.

 L’ai-je déjà connu ? Je l’ignore.Je n'ai jamais eu de véritable approbation, admiration ou félicitations de la part de mon entourage immédiat, le plus proche ou le plus intime. Cela a dû probablement tarir tout désir, toute attente de cette nature : un mal pour un bien ? Allez donc savoir.

Ce que je sais, c’est que je n’éprouve aucune envie ou jalousie à l’égard d’autrui. J’apprécie modestement ce que je suis avec tout ce qui me caractérise en bien ou en mal d’ailleurs.

L’effet miroir a définitivement quitté ma sphère psychologique comme si le fil des ans, avec son cortège d’actions menées petitement çà et là, avait ourlé toute vanité, tout esprit de compétition et d’aliénation du soi.Libre de toute projection peut-être, de tout mimétisme, j’accueille volontiers cette forme de sérénité qui aujourd’hui m’accompagne.

Etre soi PARMI les hommes voilà probablement la plus belle aventure.