clement-rosset

C’est en naissant que jaillit la liance : un don que l’on nous fait mais que nous n’avons pas demandé. Au fil des années, nous devons semble t-il inscrire cet acte dans un mouvement perpétuel de "re-liance"parce que vivre seul (e) dans le monde, cela n'est pas pratiquable. Qu’est-ce qui fonde la « reliance » entre les êtres ? Probablement la reconnaissance d'abord de notre propre solitude éprouvée, puis résolument acceptée au contact de l’autre solitude avec ses différences, ses aspérités, ses rondeurs aussi.

En revanche, la reliance devient impossible lorsque les deux entités psychologiques s’enferrent dans leur égoïté, dans leur sphère privative de la réalisation de leurs désirs. Dans ce mouvement strictement réflexif : le résultat est déjà donné : la satisfaction pure et simple de mes désirs en l’absence de toute reconnaissance de l’altérité.

C’est bel et bien la présence de l’autre considérée à part égale de « qui » je suis qui peut me donner de la consistance, la sensation d'être-au-monde. Pour autant, cette conversion du regard, de l’âme, faut-il le reconnaître, demande un certain effort.  Néanmoins, c’est là le plus admirable dessein qui se profile comme signe d’une appropriation réciproque, pour ne pas mutiler son être…oui juste cela.

En dépit de toutes les anfractuosités de la vie, l’existence de l'autre ne saurait être un jouet, un caprice .