italien-2005-09-g

Comment peut-on s’estimer si on ne se respecte pas au regard de ses convictions, de ses goûts, de ses penchants de ce que l’on aime faire éclore sans forclore, juste là, à fleur de l’être. La confiance en soi somme toute toujours très relative prend souvent des années avant de pouvoir s’installer et sculpter quelques jolis maillons d’orfèvre. Le bijou reste toujours à sertir.

Quelquefois, l’autre fait irruption, tente de s’immiscer sans savoir, sans même connaitre ce dont il retourne, puis martèle, pointe du doigt, assène. L’enfant se tait sous les coups, l’adulte reste immobile, ne dit mot, l’un et l’autre se recroquevillent dans le silence. Juste le corps de l'agressé et de l'agresseur en face à face, l’esprit et le cœur s’en sont allés, au bord du monde. L’unité dépecée, l’unité dépossédée.

Qui sommes-nous pour infliger à l’autre ce que soi-même on n’accepterait pas. Souvent, je me demandais quel était l’affect qui commandait à cette action, à cette brutalité du corps et du langage ? Qui parle ?

J’ai appris à m’aimer au grès de rencontres de personnes bienveillantes, hors de tout jugement, je les en remercie du fond du cœur. J’ai façonné mon âme en proposant mon aide là où c’était, le pensais-je alors, encore possible : en amitié, en politique, dans le cadre de mon métier aussi.

Ce que je retiens c'est qu'il y va du maintien de la qualité de son existence de rester fidèle à soi-même. En effet, c’est là où se joue NOTRE trajectoire, là où se noue notre destin.Il ne s’agit pas ici d’évoquer l’estime de soi au sens de la fatuité égocentrique mais de celle qui participe à travers l’émergence du moi à la découverte d’un soi que l’on aime, que l’on a enfin réussi à apprivoiser.

Soi-même comme un autre ou un autre soi-même, oui mais dans une valse à mille temps… et ce éternellement.