Neige

(Sublime Pic d' ASPE - Le 13 mars 2016 - Photo : DK)

Un manteau blanc formé de cristaux translucides fond sous nos pas. La neige silencieuse accueille nos foulées. Au zénith, les rais de soleil fluidifient ces gouttelettes d’eau : petits miroirs éphémères aux courbures stellaires. Nous gravissons lentement ces pentes immaculées : prodigieuses beautés des monts ibériques.

Pour le marcheur qui monte et trace mon chemin, l’altitude dessine une vague animalité. La montagne respire.Il vit ses pas. Son imagination verticale et son psychisme ascensionnel vivent le ciel.

Tout au sommet, dans le sillage aérien des vents naissants, le cœur pénètre ces espaces troués où le temps perdu, le temps oublié sculpte le sonore qui chante, imperceptible dans une mobilité diaphane. L’espace dynamique révèle les forces cachées. Il recouvre d’un voile tous ces lieux communs usés par les mots.

Le libre envol « d’une poétique des ailes » semble enfin permis. Ici l’âge ne pèse plus, plus de détresse, plus de plainte, seule l’ivresse des altitudes flirte avec l’effort intime et consenti du marcheur.