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(Labuerda - La Montanesa- 27 décembre 2015)

Je lis l’article d’un ami philosophe qui se dit être « sans qualités », pour ma part, je trouve qu’il se tient bien en deçà de sa propre réalité. Est-ce un vrai faux pessimisme …lui seul le sait. Pour autant, la lecture de son article me touche, probablement parce qu'il se dégage une sorte de sincérité désarmante.

L’arrivée du printemps me réjouit, je décide de profiter autant que faire se peut, de chaque rayon de soleil, des oiselets que j’entends chaque matin derrière ma fenêtre et de faire fi de tous ces tourbillons d’humeur : rires forcés, positions « recherchées », de certaines âmes « citadines » qui me lassent plus que jamais.

C’est vers la tranquillité des arbres et des sous-bois que je me tourne, qui se tiennent là face à nos belles montagnes. Les fragrances de la forêt sont mon état d’âme. Dans le Sud, les forêts aragonaises respirent cette végétation méditerranéenne, diffusent cette douce lumière qui joue à la surface des choses, à la surface des êtres aussi.

 Sur quelques hauteurs, des bouquets de brindilles savamment disposées recueillent des nouveaux nés qui piaulent, réclament leur pitance. Des bruissements de feuilles, des cris de petits ventres affamés et ces majestueux milans qui fendent les nuages avec la légèreté  de la grâce suffisent à ma sérénité.

Ici l’âme respire, le regard se perd et se déploie en étoiles… L’esprit tente de rédimer tout le tohu-bohu quotidien, c’est là qu’il reprend vie, c’est là qu’il prend sa source.

Ô lumière du soir embrassante, embrassée, je savoure enfin le silence primitif des espaces oubliés, des espaces de l’intime.

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 (ARAGON : Le Pelopin le 29 decembre 2015)