Bachelard

( Gaston Bachelard)

           « Le philosopher est une oisiveté nécessaire ou inutile… » Son épaisseur ne tient pas aux diplômes universitaires qui pour certains finissent par « dés-agreger » leur propre capacité à raisonner et de surcroit les privent de toute forme d’intersubjectivité pour les plonger dans le mondain, l’extra-mondain, le clinquant.

         Revenir aux choses mêmes, aux évidences qui ne le sont pas d’ailleurs,  c’est-à-dire au plus près du réel, voilà la tâche du philosopher. L’homme est toujours déjà un être jeté par l’abandon à lui-même : facticité d’un état par la force ou la faiblesse de notre assignation à un monde que nous n’avons pas choisi.

        Philosopher, c’est donc accepter résolument de se « risquer » et de se mouvoir dans cette enigmaticité de notre existence à laquelle échappe tout « pour-quoi », toute pro-venance aussi. De fait, cette attitude singulière se pose avec d’autant plus d’acuité que cette mécompréhension ou mésentente augmente.

          Dans cette élision du mondain, dans cet espace non familier, je deviens étranger à moi-même. Peut-être  le temps est -il enfin venu de lever le voile…( Alètheia)