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Depuis quelques générations maintenant, la politique politicienne occupe, monopolise la scène médiatique avec tous ces discours « PRIMAIRES », insiste sur les tractations, sur le ralliement d’un tel à un tel et autre petit calcul pour ex- futurs ministrables. De fait, la politique se joue de l’opinion, la manipule, la retourne, la phagocyte par medias interposés.Nous avons perdu le sens, celui de notre propre réalité qui n’est plus reliée à l’épistémè, à la vérité mais à la doxa défigurée, reniée.

Le politique comme exercice du pouvoir si singulier qui reposait sur la pluralité : d’êtres égaux mais non identiques est tombé dans l’oubli. Aujourd’hui, l’homme politique se prend pour un dieu, pour un surhomme, à ceci près que lui revient souvent en pleine figure son caractère faillible.

Précisément, c’est parce que nous sommes faillibles que nous devrions être capables d’entendre ce que l’autre peut avoir de juste à dire mais aussi de discutable. Si la doxa se définit comme étant le monde tel  qu'il m’apparaît à moi comme individualité, cela n’est pas répréhensible, en revanche ce qui le devient c’est d’ignorer l’autre dans sa perspective tout aussi singulière du monde.

Nous accordons des droits spéciaux pour le faux et le mensonge, nous réduisons la doxa non pas au frottement de perspectives différentes mais à la construction d'un bloc unilatéral d’un parti, une pensée unitaire, uniformisée. Artefact inespéré comme étant un produit scientifique parfait.

Existe-il un résultat en politique, à l'exception de celui des soirées électorales, autrement dit une science de la praxis (de la gestion des affaires humaines) qui pourrait prétendre s’asseoir sur des fondements inébranlables ?

Une science politique dites-vous ?

Quelle prétention, lorsque l’on sait d’ores et déjà que toutes les actions s’arriment sur des changements perpétuels : les passions, les inclinations, les idées, les rêves voire même les hallucinations.

Raison pour laquelle en politique, il nous faut tenter d’agir en commun, non pas pour chercher le consensus mais pour apprendre à se mouvoir dans l’exercice du conflit, de la joute intellectuelle et de la contrariété des passions.C'est là tout un art qui reste encore  à inventer peut-être...

La véritable doxa deviendrait alors cet « apparaissant commun » qui se structure au bout du bout comme l’expression de l’ensemble de volontés singulières, qui pour le coup n'a rien de "génerale."