« La route qui monte et qui descend est une seule et la même. » Héraclite.

Belle et juste paroles qui battent en brèche toutes nos interprétations, nos représentations quotidiennes de la réalité mondaine. Nous légiférons sur les actions de nos semblables et nous préjugeons de la nature des choses en appliquant le prisme de la distinction, de la séparation, d’une pseudo détermination qualitative. Le règne du désespoir.

  Nous apposons des notions de contrariété sur des éléments qui n’en recèlent aucune si ce n’est celles, on ne peut plus artificielles, de notre logique discursive, formelle ou mathématique.Toute la difficulté vient de cet attachement viscéral à nos valeurs dites « sûres » du monde comme volonté de nos représentations.

  Récemment, un ami me disait en relisant quelques fragments héraclitéens ceci : «  j’ai peut-être l’âge d’un homme mûr qui avance pas à pas, mais ce même pas qui me porte à cet instant n’a pas plus de valeur que le précédent ou que le suivant. La jeunesse et la vieillesse ne s’excluent pas l’une et l’autre mais participent d’un seul tenant au flux continuum de l’existence, à la présence muette des choses. Je suis à moi même tout ce que je suis à cet instant, ici la conscience jugeante se délite, se fond dans l'un-multiple, dans l'in-distinction.

Heraclite