Heraclite-et-Democrite

( Heraclite et Démocrite)

Ce que les grecs nommaient LOGOS se joue dans la relation entre le « ouir » et le « dire », c’est à dire une parole à la fois sonore (du point de vue linguistique) mais qui crée également des résonnances au fond de chacun de nous, puis, surgit simultanement un dire qui n’a plus rien avoir avec le dit mais qui fait signe vers et « qui ne va pas sans dire ».

La chose pensée elle-même n’est pas dans l’énoncé, dans ces épousailles conventionnelles entre le signifiant et le signifié, ce qu’elle recouvre précisément échappe à toute saisie conceptuelle. Le legein semble fréquenter un autre champ sémantique comme celui du legs, il serait le dépôt de quelque chose (modulation du terme Legen en allemand, mettre , poser ?).

Si nous acceptons de cheminer sur ces pentes, ce legs, ce dépôt serait peut-être beaucoup plus riche que ce que suggère son sens premier. Il serait peut-être judicieux d’envisager ce legs comme un terreau qui préluderait à toute récolte dont la cueillette à venir s’incarnerait dans le dire.

Cette cueillette est un recueillement vers l’originaire, une « conversion » ou tournure du regard. Ce qui parle à travers le langage, et ce, au-delà de toute vocalisation, c’est l’empreinte que nous avons, mieux que nous VIVONS du présent « d’un avoir été » en prise directe avec son "ad-venir".

L’eau de la fontaine coule, l’écoulement est sonore (révélation), mais son murmure (recel) suppose que nous sachions être dans l’écoute (Αλήθεια.), dans l’entente avec le logos.

« L’un est toutes Choses » : un agencement pour le moins énigmatique.