eagle

 

La tristesse peut nous prendre lorsqu’on se sent blessée par des paroles ou des actions ressenties comme injustes. L’âme, momentanément ébranlée s’émeut, bascule dans le vide. Renversement et naufrage sur l’île de Tsalal.

Puis, une petite voix résonne qui se veut rassurante. Dans le fond, tout cela ne m’appartient pas, ne me concerne pas.  Si de l’autre côté de l’horizon le ciel s’assombrit, je ne suis pas responsable des ires de Zeus..

Je ne crois pas en la vérité, je ne la cherche pas. Ce concept est une coquille vide car, trop souvent adossé à une volonté de puissance et de reconnaissance. Transmutation des valeurs, éternel invariant théorique..que nous voulons figer. Nous parlons et vivons tous à partir de notre histoire, de notre vécu, alors quel serait le référent qui pourrait évaluer la dose de vérité enfouie en chacun de nous.

Ce que je sens, ce que je sais est discret, infime, presque imperceptible et très humble. L’habitacle de mon cœur protège ce bien le plus précieux celui de mon intimité terrestre et secrète.

Je marchais tantôt dans la neige lumineuse, éclairée par un beau soleil d’hiver. Les ailes d’un grand corbeau s’étiraient, se frottaient aux ascendances, ses trilles cisaillaient les nuées. Je le regardais avec admiration et bienveillance : le mage de Zarathoustra peut-être ?

Une sensation de paix illuminait ma volonté, tandis que mes pas réassuraient mon être, cicatrisaient ma peine, mes mains sculptaient l’azur.

Le gîte immémorial de mes respirations et de mes souffles évanescents renaissait enfin.