vertige

La probité et l’honnêteté supposent une forme de courage extrêmement rare. Voilà des qualités qui semblent être en voie de disparition. J’aime à penser que pour bien connaître autrui, il faudrait pouvoir pratiquer plusieurs niveaux de réduction, à l’instar de la méthode phénoménologique.

C’est un fait, le noyau eidétique, celui qui apparait après avoir soustrait une à une toutes les couches superficielles qui recouvrent chaque personne, peut être l’occasion d’une découverte radicale, au point que ce que l’on croyait être vrai depuis si longtemps ne s’avère être que de la supercherie.

Le culte de l’apparence qui occupe le devant de la scène publique, privée aussi, néantise toute possibilité d’approche et de relation authentiques.Il nous rend aveugle, insensés que nous sommes. L’essentiel étant le paraître, c'est-à-dire : ce qui sert pour davantage plaire, luire et reluire.

Cela donne envie de fuir sur une île déserte. Presque toutes les relations qu’elles soient politiques, amicales, que sais-je encore, sont hélas contaminées par cette peste noire.

Où sont passés les hommes de bon sens, de bons sentiments qui œuvraient pour les idées, pour des projets communs, et capables de construire un tissu relationnel sain.

L’innocence comme le mal s’enracinent dans l’homme moderne concret et total. La première semble appartenir au mythe, la seconde est aujourd’hui devenue affaire courante. Que vaut la nature humaine si nature il y a ?

Pour l’heure, je suspends tout jugement car il pourrait être amer : vertige de ma liberté de conscience.