souvenir

Qu’est-ce qui fixe le souvenir, cet instant vécu plutôt qu’un autre ?  Nous retenons semble-t-il la durée plutôt que l’instant qui sautille, qui hésite, mais quel est le pinceau qui trace et dessine les lignes mnésiques ?

Je ne crois pas possible de revivre un retour de l’instant à l’identique, car il est toujours empreint de l’imagination post évènementielle qui colore les tableaux du passé. Ceci explique sans doute quelquefois le sentiment de déception lorsqu’on retrouve des lieux d’antan où l’absence de tonalité affective qui ébranle l’instant présent.

Pourtant, l’âme humaine tisse des liens avec le monde, avec autrui et les lieux qui l’ont vus grandir devenir elle, mais elle est incapable de réactiver l’émotion de jadis source de joie ou de peine.

Faut-il habiter sa mémoire en poète et vivre à la lisière du souvenir si l’on veut être libre de son passé, qui à coup sûr ne reviendra jamais...