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Ces formes sylvestres longilignes que j’admirais ce soir dans les bois aux pieds de ces si belles montagnes s’arc-boutaient pour s’épouser en ombre portée sous un halo de douceur épris d’un clair-obscur .

Des petits passereaux bruitent leurs ébats, ils frissonnaient de concert avec les feuilles d'automne dans cette tranquillité caillée par des battements d’ailes. Les poètes le savent, vous ne traversez pas la forêt, c’est elle qui vous habite. Elle est un cœur qui bat, une pulsation astrale, un rythme hors du temps suspendu dans l’éther..

Elle est sans dehors ni dedans, peut-être dans l’entre deux d’une dimension oubliée, qui doucement se retire comme une marée basse.

Elle est mon unique présent, celui qui escamote le passé, floute aussi l’avenir. Ses racines se perdent dans les rhizomes ancestraux, résonnent à mon oreille des petits pas sonores, des éclats de sabots…