ballerinas

Il existe plusieurs façons d’être-au-monde, celle qui consiste à se laisser aller dans le flux, le fourmillement de l’hyper activité, de l’hyper relationnel, pour éviter de penser son soi, de se re-garder, de se ressentir.

Faut-il se l’avouer, la solitude, pire l’esseulement nous inquiète, nous projette dans « un avoir à être » qui menace notre équilibre, notre intégrité. Alors, il faut faire semblant d’être et de paraître. Convention que tout cela, convention de feindre, de sourire, de parler à bâtons rompus, d’être ami de…

Sitôt cela, l’ennui nous guette, le désespoir aussi, à moins qu’une autre perception du monde n’apparaisse à l’orée d’un texte, d’une parole, d’une œuvre qui vous transporte dans ces interstices empruntés par des perceptions peu communes.

Il est bon d’être rétif au flot de la routine, à la surface des liens sans profondeur animés de strictes convenances. C’est manquer sa vie que de ne pas savoir écouter son propre rythme, ses notes qui dansent et qui sourdent dans notre intimité. Sans doute chuchotent-elles des sons inédits, ceux-là mêmes qui explosent dans la peinture de Kandinsky ou de Klee.

Kandinsky-Eklektike

Les pas du danseur dessinent ces rythmes, épousent les pulsations de l’espace, disloquent toutes perspectives statiques de la scène. Ils prêtent vie à l’irrésolu, à la création de tous les possibles dans la dissolution de tous référentiels.

Le mouvement est le berceau du danseur, sans dehors ni dedans en crevant « la peau des choses » pour encore et toujours naître-au-monde.