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 Dans l’Ethique, Spinoza se demandait : "Qu’est-ce que peut un corps ? " Et il répondit : " Personne n’en sait rien."

Je partage tout à fait cette assertion. 

Pour ma part, mon habitacle extérieur me donne cette chance d’être en harmonie avec lui : de la finesse, de la légèreté et de la grâce aux dires de certains, m’ont depuis longtemps réconciliés avec mon apparence.

Pour autant, je me suis toujours étonnée de parvenir à franchir certains obstacles physiques et psychiques.

L’image que je me fais de la beauté a délaissé depuis longtemps ces frondaisons ombreuses. Le figuratif a laissé place à la figuration qui librement se déploie désormais dans mes actes, dans mes choix, dans mes œuvres. C’est une mutation heureuse ! Mon corps, pensais-je depuis , est probablement ce flux le plus intime qui me relie au monde, aux autres, mais aussi à moi-même. Raison pour laquelle il est infiniment précieux d’en prendre soin.

Dans la « Structure du comportement » Merleau Ponty disait : « Le corps n’est ni corps en soi, ni idée mais structure ». Il fragmente l’espace, l’aménage, le construit, le chahute aussi et ce, dans toutes ses dimensions.

Ce corps phénoménal tisse ce lien remarquable, cet entrelacement entre une existence personnelle et impersonnelle, entre moi et les choses du monde, moi et les autres, jusqu’à l’émergence peut-être de la sublimation de ces doubles feuillets de l’existence : un entre deux "en pas chassés".