Tantôt, on m'interrogeait sur la connaisance, l'exploration de mon désir...

Je ne connais personne qui soit à même de répondre à cette question. Si l'on considère que la satisfaction d'un besoin n'est en aucun cas la satisfaction du désir en question, du désir défini comme tel, comme étant le "désiré". En effet, il ne faut pas confondre la visée d'un désir ou plus précisément la satisafction d'un besoin avec "le désiré" qui lui excède tout objet particulier du désir.

Ce que désire fondamentalement le désir est une énigme si l'on tente de le circonscrire. Le désir n'est pas manque, car rien ne peut le satisfaire.Il est mouvement, tension, une incessante avancée vers ce qui fait un monde comme rapport à l'originaire.

Si le désir était la satisfaction d'un besoin, le désir sexuel s'etteindrait de lui même, il ne reviendrait pas. Ce qui signifie, que dans cette relation, l'autre, par le dévoilement de sa singularité devient une possibilité d'atteindre un monde, ce tout qui sous tend la totalité des choses du monde et qui conditionne leur présence.

Ainsi, lorsque j'aime une personne, il y a fort à parier que je l'aime parce que son monde me donne accès à un monde qui m'interroge fondamentalement, qui m'attire, qui sourd en moi, sans que je puisse savoir clairement ce dont il s'agit. Le savoir serait d'ailleurs mettre un terme au désir parce qu'il rencontrerait une totale satisfaction.

Ce qui met en route le désir, c'est cet irrepressible mouvement qui me mène vers le "là" de toute présence, vers ce qui la sous tend et la suscite comme fond commun à tous les choses sans en désigner une en particulier.