Certains esprits dépriment profondément, car terriblement sensibles au manque de lumière et de beau temps. Ce matin, je regardais dans le miroir ces grands yeux verts qui mangent mon visage et cette étrange silhouette d’adolescente éternelle.

Le reflet me convient et j’ai appris à l’aimer.Le printemps est toujours là me dis-je, malgré les giboulées.

Hier après-midi, une étrange nouvelle, surprenante, totalement inattendue…

Des mots sont là, posés sur le papier. Que disent-ils, tout ce qui fait mal, tout ce qui inquiète. L’intranquillité qui nous menace, qui creuse dans tous les humains, tous sans exception, les sillons de la souffrance. Construction–déconstruction : l’éternel retour du même, de la route de nos humeurs, de notre tonalité du vivre captive des turbulences des nôtres et de celles d’autrui.

Je commence à comprendre que l’équilibre est dans la convergence des forces, dans cettre dynamique, et faut-il oser le dire : dans ce champ où elles tentent de s’apprivoiser. Les images primordiales qui nous animent sont celles de l’enfance, elles nous chahutent parfois, nous réconfortent aussi. Inutile de vouloir les réactiver, de jouer avec elles, elles remontent à la surface des choses, des évènements, à l'envie.

Mais qu’est-ce qui fait le commencement de l’existence ?  Le verbe, l’action, non fondamentalement, c’est tout le pré-réflexif qui nous anime.

Hier encore, je dansais, j’évoluais dans l’espace avec ce corps qui sait si bien l’aimer, qui m’arrache à mon passé et me déploie dans l’a-venir. Danser c’est vivre l’instant « comme si la dimension humaine s'agrandissait en nous » pour devenir alors aimable tout simplement. N'est-ce pas là l'essentiel ?

équilibre