Derrida

Ce matin dans le Monde, un titre attire mon attention : Derrida, langue vivante. Je devine ici ou là quelques sourires : Derrida : langue vivante !!

La photo du philosophe pleine page ou presque, un peu surannée mais particulièrement belle souligne ce même regard qui animait ceux que je fréquentais pendant mes études. Un regard lointain, pensif, serré aussi.

Un titre : «  la vie la mort » séminaire du philosophe et l’un de ses propos retenu par le journaliste comme : «  la destruction de la vie est déjà la destruction de ce qui est déjà mort pour que renaisse et se régénère la vie vivante ». Pessimisme ou optimisme foudroyant : les deux mon capitaine, à ceci près que nous nous tenons toujours entre les deux extrémités, en filigrane dans ce que nous pouvons expérimenter comme étant le fil de l’existence.

Elan vitaliste en vérité qui jaillit dans cette apparente contradiction entre la dégénérescence et régénérescence de tout être vivant, de tout état social.

Où en sommes –nous aujourd’hui, pauvres marionnettes dressées par les programmes informatiques ? La conquête de l’autonomie autrefois tant convoitée par nos illustres prédécesseurs n’est plus. Nous sommes devenus pour la plupart des automates, des « petites poucettes » reliées à un cordon ombilical en 5 G.

La volonté de puissance est devenue la volonté des puissants eux-mêmes addicts à quelque chose qui les dépasse. De cette forme de dégénérescence cher Jacques Derrida, qu’adviendra-t-il du dernier homme, de celui que d’aucuns nommaient « humain trop humain », le visage de l’oubli ?