Ortega

José Ortega y Gasset

« L'état amoureux est un phénomène de l'attention, un état anormal de l'attention qui se produit chez l'homme normal ». (José Ortega y Gasset «  Etudes sur l’amour »). Etrange définition de l’amour que celle d’Ortega y Gasset car il reste à explorer cette notion on ne peut ambiguë de la norme.

Ce matin, à la radio une « spécialiste » sociologue de l’amour apportait elle aussi sa contribution sur une tentative de définition de l’amour. Est-il nécessairement intéressé, c’est-à-dire relié à des visées pécuniaires ? Est-il relié à un besoin corporel, c’est-à-dire strictement sexuel ?

Les femmes, dit-elle, sont beaucoup plus enclines à une relation d’ordre sentimental alors que les hommes tomberaient dans un «  état » émotionnel beaucoup plus changeant, aléatoire, peu pérenne avec des moments de frénésie, difficiles à qualifier en vérité. Je me demande si cette notion a un sens et ce qu’elle peut recouvrir. L’amour auquel on tente de s’accrocher est probablement idéal, mieux ou pire : simplement idéel. Quel est donc son degré d’existence ?

L’impossible relation à l’autre dans une parfaite réciprocité, la difficile corrélation à l’être « aimé-aimant » ne sont-elles pas des obstacles à l’atteinte de ce sentiment.

Ici l’amour propre et l’amour de soi se combattent dans ce désir de vivre, dans cet instinct vital et probablement, osons le dire, dans une forme d’idolâtrie de soi.

L’homme est comme souvent, à lui-même son propre tyran.