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Cette crise sanitaire « inédite » nous invite à repenser sérieusement les liens ténus tissés entre l’environnement, le social et l’économique. Le premier est le point de départ de notre crise, puisque c’est en affectant plus que de raison notre écosystème que nous avons provoqué peut-être l’irréversible. La déforestation a entrainé le déplacement dans nos villes d’êtres vivants qui s’adaptent comme ils peuvent à leur mode de vie forcé. Ils ont donné naissance malgré eux au terrible virus qui nous oblige à être masqués.

A l’économie réelle nous avons substitué l’économie strictement financière. C’est une économie où l’on ne fait pas de l’argent en vendant des biens de première nécessité, mais celle où l’on fait de l’argent, avec de l’argent pour thésauriser à l’infini sur les intérêts des intérêts et pour le coup, qui ne servent en aucun cas notre intérêt principal, à savoir notre propre survie.

Tous les philosophes du contrat s’accordent pour dire que notre premier désir est de pouvoir persévérer dans notre être et ce, le plus longtemps possible. D’aucuns diront bien sûr et ce, a minima, mais dans quelle condition ?

Nous déambulons, tels des anti-héros, avec nos costumes de protection contre l’ennemi invisible le plus féroce, du moins officiellement, car l’instigateur de tout cela n’est personne d’autre que l’homme. Nous avons perdu la conscience de notre terre et de la vie qui l’irrigue. Nous sommes en train de nous courcicuiter dans tout ce qui est le plus précieux pour nous.

Le temps de la conscience est sans cesse remanié par le flot des autorisations, des interdictions que l’Etat décrète au fil des fluctuations des taux d’incidence du virus. Tout est morcelé, quantifié, presque chronométré dans nos espaces publics.Nous oublions de vivre dans tout ce qui pouvait constituer notre dignité, notre idée d'un bien vivre ensemble aussi.

J’envie les périodes où les personnes vivaient dans une temporalité plus lente, plus marquée par les astres du jour et de la nuit. Si je m’interroge sur la période dans laquelle je vis, et que je la regrette, une chose est certaine c’est que je suis dans ce temps, je suis de ce temps bien malgré moi.

Le plus beau reste t-il à venir ou bien est-il déjà advenu? 

Les dés du hasard ne sont pas encore retombés...