Sans doute peut-on parler de plusieurs vies dans une existence. Des pages se tournent à notre propre insu. Ces  changements s’insinuent doucement mais, c’est au contact de la nature plus que des humains toujours trop prévisibles que l’on éprouve ces tourbillons de petits percepts qui nous renvoient une autre image de nous-même. Des sensations plus fines, nouvelles aussi, affleurent comme celles des premiers émois.

L’imagination se mêle à la matière des éléments : l’air, l’eau, le clapotis qui naît de leur rencontre. Le cygne éploie ses ailes tel le capitaine d’une embarcation somme toute improvisée. Sublime élan, glissant le long des berges, l’oiseau avance avec un port royal.

Lorsque rien ne trouble votre pas, votre marche, les sens s’éveillent. Les paysages épousent vos souvenirs lointains et vous transportent dans un ad-venir qui n’a plus rien de semblable avec le commun.

C’est un voyage onirique, un instant de rêve qui tisse ses fils dans un avoir-été qui s’enfuit et une présence à soi toujours inouïe.